Ukraine : l'ONU préoccupée par le grand nombre de civils tués dans l'est du pays

En Ukraine, en août 2014, une femme de retour à Sloviansk est réconfortée par une parente alors que sa maison a été frappée par un tir d’artillerie. Photo HCR/Iva Zimova

29 août 2014 – Dans un rapport publié vendredi, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a exprimé sa préoccupation concernant la situation dans l'est de l'Ukraine où environ 36 civils en moyenne sont tuées quotidiennement dans les combats. Au moins 2593 personnes ont été tuées en Ukraine entre la mi-avril et le 27 août 2014.

Le rapport, qui couvre la période entre le 16 juillet et le 17 août, affirme que des civils ont été tués alors qu'ils se trouvaient bloqués dans des zones urbaines ou alors qu'ils tentaient de fuir les zones de combats, notamment en empruntant les « corridors sécurisés » mis en place par le gouvernement.

« Les attaques contre les civils constituent des violations du droit humanitaire international, et il faut redoubler d'efforts pour assurer la protection des civils », a déclaré la Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay. « Toutes les parties prenantes au conflit dans les zones affectées doivent respecter les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. Cela est particulièrement important dans les zones densément peuplées ».

« Il est urgent de mettre fin aux combats et à la violence dans les régions orientales, avant que davantage de civils soient tués, blessés, forcés de fuir ou de faire face à des conditions insupportables dans les zones de conflit », a-t-elle ajouté.

Le rapport fait état d'un grand nombre de violations graves des droits de l'homme commises principalement par les groupes armés qui ont pris le contrôle d'une partie importante des régions de Donetsk et de Louhansk dans l'est de l'Ukraine depuis la mi-avril. Selon le rapport, les forces du gouvernement ont également commis des violations dans le cadre des efforts de reconquête de ces zones, qui servent de bases pour les groupes armés.

Le HCDH a souligné que les civils qui tentaient de fuir les combats ont été pris pour cible et un grand nombre de personnes ont été tuées. D'autres ont été empêchés de quitter les villes de Donetsk et de Louhansk par les groupes armés alors que les forces du gouvernement renforçaient leur blocus de ces villes occupés. Ceux qui ont réussi à fuir et qui ont emprunté les « corridors sécurisés » établies par les forces du gouvernement ont dû traverser des zones de combats et un nombre important de civils ont été blessés ou tués.

Même si plus de la moitié de la population de ces deux villes sont désormais parti, les efforts d'évacuation ont été insuffisants, en particulier pour aider les personnes les plus vulnérables tels que les enfants, les personnes âgés et les personnes handicapées à partir. L'évacuation de nombreux enfants vers d'autres régions de l'Ukraine a été bloquée par les groupes armés.

Le rapport fait également état d'un grand nombre de violations des droits de l'homme, dont des enlèvements, la torture des personnes détenues et le travail forcé. Si c'est impossible de vérifier le nombre exact de personnes détenues par les groupes armés, le HCDH a souligné qu'au moins 468 personnes étaient détenus au 17 août. Le rapport précise aussi que des éléments des forces armées du gouvernement ont également commis des violations, dont des disparitions forcées et des actes de torture. Au moins 1000 personnes accusées de « participation dans des activités terroristes » ont été arrêtées par les forces ukrainiennes.

Le Parlement ukrainien a adopté trois nouvelles lois qui renforceraient considérablement le pouvoir de la police dans le cadre des opérations des forces du gouvernement dans l'est du pays. Ces mesures pourraient selon le rapport du HCDH être « contraires aux normes internationales des droits de l'homme. Si l'état d'urgence justifie la limitation de certaines garanties, de telles mesures doivent en toutes circonstances respecter les normes du droit international ».

« La justice et la responsabilité doit remplacer l'impunité pour les violations graves des droits de l'homme qui ont eu lieu au cours des quatre derniers mois », a souligné Mme Pillay. « La justice doit s'appliquer à tout le monde. Il est nécessaire que le gouvernement agisse pour empêcher toute représailles et mesure de rétorsion illégales. L'application de la loi doit être méticuleux et en plein accord avec les normes internationaux si la confiance de la population dans les institutions de l'État doit être rétablie ».


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