Soudan du Sud : l'ONU considère que le crash de l'un de ses hélicoptères est dû à un acte hostile

Le Coordinateur humanitaire au Soudan du Sud,Toby Lanzer, (à gauche) dans un camp de réfugiés à Nyeel, au Soudan du Sud. Photo ONU/Martine Perret

28 août 2014 – Le chef par intérim de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), Toby Lanzer, a souligné jeudi que l'ONU considère que l'hélicoptère qui s'est écrasé mardi près de la ville de Bentiu, dans l'État de l'Unity, a été la cible d'une attaque. Trois membres d'équipage ont été tués.

« Les hélicoptères sont conçus pour voler. Ils ne tombent pas juste du ciel », a déclaré M. Lanzer lors d'une conférence de presse dans la capitale Juba. « Dans le cadre de l'enquête en cours, nous considérons l'incident comme un acte hostile contre les Nations Unies ».

L'unique rescapé du crash et la dépouille des trois membres de l'équipage qui ont été tués sont arrivés à Juba et une cérémonie de commémoration sera organisée bientôt, a indiqué le chef par intérim de la MINUSS.

La Mission onusienne est maintenant en possession de la boîte noire, de l'enregistreur des voix et du panneau de contrôle de l'appareil et l'enquête pour élucider les circonstances précises du crash a commencé. M. Lanzer a précisé que l'hélicoptère s'est écrasé dans une zone où les forces des parties prenantes au conflit ont été vues.

« Nous saurons ensuite ce qui s'est passé. Reste à savoir quelles seront les conséquences lorsqu'une éventuelle responsabilité du crash sera avérée », a déclaré M. Lanzer en rappelant qu'un autre hélicoptère de la mission avait été abattu à Likuangole, dans l'État de Jonglei, en décembre 2012, tuant quatre membres d'équipage.

« L'enquête avait clairement montré qui était responsable et celui-ci avait reconnu sa responsabilité. Pourtant, aucune mesure n'a été prise et l'impunité a prévalu. Il faut que cela change », a affirmé le chef par intérim de la MINUSS.

M. Lanzer, qui est également le coordonnateur humanitaire de l'ONU, a souligné que l'incident a un impact immédiat sur les opérations humanitaires et de maintien de la paix de la Mission puisque tous les vols vers la ville de Bentiu ont été annulés. 47.000 personnes sont actuellement accueillies dans des conditions difficiles sur le site de protection de civils de la base de l'ONU dans la ville et le seul moyen d'y accéder est par avion.

« Les besoins des civils à Bentiu sont considérables et nous devons reprendre les vols au plus vite pour assurer le ravitaillement », a expliqué M. Lanzer. « Cependant, la sécurité de notre personnel est notre première priorité ».


News Tracker: autres dépêches sur la question

Soudan du Sud : le Conseil de sécurité réclame une enquête sur l'hélicoptère de l'ONU abattu

En savoir plus





Coup de projecteur