Syrie : l'ONU constate une amélioration de l'accès humanitaire

Un camion transportant de l’aide humanitaire du HCR vers la ville de Sweida en Syrie. Photo: HCR/B. Diab

28 août 2014 – A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité sur la situation en Syrie, la Sous-Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Kyung-wha Kang, a noté jeudi une amélioration de l'accès humanitaire mais a dénoncé les obstacles qui subsistent et ralentissent la fourniture de cette assistance aux personnes dans le besoin.

« Pour la première fois en six mois, il y a eu une amélioration au cours du mois écoulé en matière d'accès humanitaire. Nous atteignons plus de gens dans le besoin dans les zones difficiles d'accès grâce à l'adoption de la résolution 2165 du Conseil de sécurité », a souligné Mme Kang devant les membres du Conseil.

Elle a précisé que le mécanisme de surveillance était désormais opérationnel aux points de passage de Bab al-Hawa, Bab al-Salam et Al Ramtha.

La possibilité de franchir les frontières a permis d'atteindre des zones difficilement accessibles dans les gouvernorats d'Alep, de Dera'a, de la région rurale de Damas, d'Idleb, de Lattaquié et d'Al-Qunaytirah. L'ONU a ainsi pu envoyer en Syrie neuf cargaisons en provenance des pays voisins, dont sept depuis la Turquie (quatre par Bab al-Salam et trois par Bab al-Hawa) et deux depuis la Jordanie (par le point de passage d'Al-Ramtha).

« Ces livraisons ont été rendues possibles grâce à la pleine coopération des gouvernements de Turquie et de Jordanie. Le gouvernement de la Syrie a été notifié 48 heures à l'avance du passage de ces convois et de la nature humanitaire des cargaisons », a dit Mme Kang. Elle a ajouté que de nouveaux convois sont prévus au cours du mois prochain.

« Il y a également eu de nouvelles possibilités de franchir les lignes de front, notamment dans les gouvernorats d'Alep (zone rurale Est), de Dera'a et de la région rurale de Damas, y compris dans des zones assiégées », a-t-elle précisé.

En dépit de ces développements positifs, la Sous-Secrétaire générale a estimé que les parties avaient encore beaucoup à faire pour permettre que l'accès humanitaire soit « rapide, régulier, sûr et sans entrave ». Environ 241.000 personnes sont toujours en état de siège en Syrie, a-t-elle noté.

« Les obstacles administratifs imposés par le gouvernement de la Syrie continuent d'entraver l'acheminement de l'aide. Les gouverneurs ne sont toujours pas autorisés à approuver la livraison de l'assistance humanitaire dans leurs gouvernorats sans avoir consulté Damas au préalable. Les contraintes opérationnelles imposées aux ONG n'ont pas été levées. Des groupes qualifiés de terroristes, ainsi que des groupes d'opposition armés, continuent de bloquer l'accès aux gouvernorats de l'Est de la Syrie qui sont difficiles à atteindre. L'EIIL et Al-Nosra avancent vers les points de passage de Bab al-Salam et de Bab al-Hawa le long des principales routes d'accès en Syrie. Cela pourrait menacer les nouvelles opérations transfrontalières autorisées par la résolution 2165 du Conseil de sécurité », a déclaré Mme Kang.

« Les progrès en matière d'accès au cours du mois passé ont montré que lorsqu'il y a une volonté politique, il est possible d'améliorer la situation de millions de civils en Syrie. Nous devons tous redoubler d'efforts pour atteindre toutes les personnes ayant besoin d'une assistance humanitaire », a-t-elle encore dit.

La Sous-Secrétaire générale a également souligné les difficultés rencontrées pour financer les opérations humanitaires en Syrie. Le Plan d'intervention humanitaire en Syrie n'est financé qu'à hauteur de 30% et le Plan régional d'intervention pour les réfugiés de Syrie n'est financé qu'à hauteur de 45%.


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