Ebola : la suspension de vols vers les pays touchés n'est pas justifiée, selon l'ONU

Des employés de l’UNICEF et d’organisations partenaires expliquent à des gens comment se protéger contre Ebola à Conakry, en Guinée. Photo UNICEF Guinée

25 août 2014 – La suspension par plusieurs compagnies aériennes de leurs vols à destination et en provenance des pays d'Afrique de l'Ouest touchés par l'épidémie d'Ebola n'est pas justifiée, a rappelé lundi l'Organisation des Nations Unies.

« Cette mesure ne reflète pas ce que l'on sait sur la façon dont le virus se transmet entre les personnes », a souligné le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric lors d'un point de presse au siège des Nations Unies à New York.

Le porte-parole a rappelé plusieurs choses : le virus ne se transmet pas par l'air ; la transmission est peu probable par l'eau ou la nourriture ; une personne infectée par le virus Ebola n'est pas contagieuse tant que les symptômes ne sont pas apparus ; Ebola se transmet par contact direct avec le sang ou les fluides corporels d'une personne qui est malade.

Des protocoles peuvent être bien établis pour éviter une contagion. On peut ainsi identifier les personnes touchées par Ebola et présentant des symptômes de l'infection avant qu'elles n'embarquent à bord d'un avion et les empêcher de voyager. Une garantie supplémentaire consiste également à procéder à des détections à l'arrivée pouvant entraîner, si nécessaire, l'isolement du patient pour vérifier s'il est infecté.

Selon le porte-parole du Secrétaire général, la suspension de vols par les compagnies aériennes a « des effets néfastes sur les efforts visant à lutter contre la maladie ». Cela entrave la capacité des organisations d'aide comme Médecins sans Frontières à déployer leur personnel pour répondre à l'épidémie et à transporter les équipements nécessaires. Cela contribue aussi à l'isolement économique et diplomatique des pays touchés.

Selon les derniers chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de cas d'Ebola s'élève à 2.615, dont 1.427 décès enregistrés en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone et au Nigéria.

Le Coordonnateur du système des Nations Unies pour Ebola, le Dr David Nabarro, se trouvait lundi en Guinée, dans le cadre d'une tournée dans les pays d'Afrique de l'Ouest touchés par l'épidémie. Auparavant, il s'est rendu au Libéria et en Sierra Leone.

De son côté le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a indiqué que des cas d'Ebola sont réapparus dans le pays, tuant 13 personnes depuis juillet dans un village isolé, dans la Province de l'Equateur, à plus de 1.200 kilomètres de la capitale Kinshasa. Le gouvernement congolais a indiqué que la souche du virus était différente de celle qui touche l'Afrique de l'Ouest. Ebola est apparu pour la première fois en RDC en 1976. C'est la septième fois que la maladie touche le pays, la dernière remontant à 2012, lorsque quelque 36 personnes sont mortes en Province Orientale.

Pour sa part, l'OMS a déclaré ce weekend mettre tout en œuvre afin qu'un agent de santé international qu'elle a dépêché en Sierra Leone et qui a contracté le virus Ebola bénéficie des meilleurs soins possibles et puisse notamment être évacué vers un autre établissement de soins, si nécessaire.

« Les agents de santé internationaux jouent un rôle important dans la riposte à la flambée de maladie à virus Ebola. Même avant l'éclatement de la flambée, la région d'Afrique de l'Ouest la plus touchée par la maladie était confrontée, après plusieurs années de conflit, à l'affaiblissement et à la fragilité du système de santé et à une pénurie d'agents de santé. Les moyens supplémentaires apportés par les experts internationaux du domaine de la santé sont essentiels pour épauler les agents locaux qui interviennent en première ligne », a souligné l'OMS.

Depuis le début de la riposte internationale à la flambée, en mars dernier, l'OMS a déployé près de 400 personnes appartenant à l'Organisation ou travaillant pour des partenaires du Réseau mondial d'alerte et d'action en cas d'épidémie (GOARN) afin de participer à lutte contre la maladie en Guinée, au Libéria, au Nigéria et en Sierra Leone. C'est la première fois que quelqu'un travaillant sous l'égide de l'OMS contracte la maladie.

Au cours des six derniers mois, plus de 225 agents de santé qui avaient pour tâche d'endiguer la maladie sont tombés malades et près de 130 d'entre eux sont décédés.


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