Un an après Ghouta, le conflit syrien reste une menace pour la paix internationale, selon l’ONU

Une femme syrienne avec son enfant attend pour obtenir de l’aide à Arsal, au Liban. Photo HCR/M. Hofer

22 août 2014 – Un an après l'attaque à l'arme chimique dans la banlieue de Ghouta, près de Damas, en Syrie, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rappelé que le conflit dans ce pays restait une menace majeure pour la paix et la sécurité internationales.

« Le Secrétaire général transmet à nouveau ses plus sincères condoléances aux familles qui ont perdu des êtres chers et invite la communauté internationale à se souvenir de ceux qui ont péri dans cet acte inhumain », a dit le porte-parole du Secrétaire général dans une déclaration à la presse publiée jeudi soir.

« Depuis l'attaque, le conflit syrien non seulement se poursuit sans relâche, mais il s'est propagé dans les pays voisins, déclenchant une catastrophe humanitaire et alimentant de nouvelles violations des droits de l'homme et crimes contre l'humanité. Le conflit contribue également à des conditions favorables à la prolifération du terrorisme. Il reste une menace majeure pour la paix et la sécurité internationales », a-t-il ajouté.

« Le Secrétaire général souligne que la communauté internationale a l'obligation morale de s'unir immédiatement et d'aider à mettre fin à ce conflit en pleine expansion qui déstabilise toute une région. Les Nations Unies, le Secrétaire général et son Envoyé spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura, continueront à faire tout leur possible pour atteindre cet objectif », a encore dit le porte-parole.

De son côté, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a annoncé vendredi que 191.369 personnes ont été tuées en Syrie entre mars 2011 et fin avril 2014, selon de nouveaux chiffres compilés par des experts.

Cela représente plus du double du nombre établi il y a un an. « Malheureusement, il s'agit sans doute d'une sous-estimation du nombre réel de personnes tuées au cours des trois premières années de ce conflit meurtrier », a déclaré Navi Pillay. Les experts n'ont retenu que les décès documentés et identifiés de façon complète.

« Il est scandaleux qu'en dépit de leurs énormes souffrances, la situation difficile des blessés, des déplacés, des détenus et des familles de personnes tuées ou disparues n'attire plus guère l'attention », a dénoncé la Haut-Commissaire. « Le fait que non seulement cette situation puisse durer si longtemps, sans perspective de fin, mais qu'elle ait aujourd'hui des conséquences si horribles pour des centaines de milliers de personnes par-delà la frontière, dans le nord de l'Iraq, et que les violences s'étendent aussi au Liban, constitue un véritable réquisitoire contre l'époque dans laquelle nous vivons. »

« Les assassins, les destructeurs et les tortionnaires en Syrie et en Iraq ont été encouragés et enhardis par la paralysie internationale », a ajouté Mme Pillay. « Il existe des allégations sérieuses selon lesquelles des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été, à maintes reprises, commis en toute impunité. Cependant - et bien que cela devrait être le cas - le Conseil de sécurité n'est pas parvenu à saisir la Cour pénale internationale (CPI) de la situation en Syrie. »

Selon Navi Pillay, il est essentiel que les gouvernements adoptent des mesures sérieuses pour « cesser de nourrir cette catastrophe humaine monumentale et parfaitement évitable, par la fourniture d'armes et autre matériel militaire. »


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