Le chef de l'ONU encourage le Conseil de sécurité à ouvrir une nouvelle ère de coopération

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon (à gauche) et la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay, lors d’un débat au Conseil de sécurité. Photo ONU/Loey Felipe

21 août 2014 – A l'occasion d'un débat au Conseil de sécurité jeudi sur la prévention des conflits, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a encouragé le Conseil à ouvrir une nouvelle ère de coopération pour éviter une perte de crédibilité de l'Organisation des Nations Unies.

« Nous savons que si nous ne répondons pas aux crises émergentes, elles risquent de devenir plus importantes et plus coûteuses pour tout le monde », a dit M. Ban lors d'un discours devant les Etats membres du Conseil.

Selon lui, face aux multiples conflits à travers le monde, en Syrie, en Iraq, à Gaza, au Soudan du Sud, en République centrafricaine, en Ukraine et ailleurs, la communauté internationale doit réexaminer et affiner son approche.

« Le Conseil de sécurité, qui porte la responsabilité principale du maintien de la paix et la sécurité internationales, a une responsabilité unique », a-t-il ajouté.

Selon lui, lorsque les États membres unissent leurs forces, ils peuvent faire beaucoup. « Le consensus de ce Conseil sur l'élimination des armes chimiques de la Syrie est un exemple récent », a-t-il dit. « Des mesures des Nations Unies, même modestes, peuvent avoir un impact important lorsque nous avons le soutien uni du Conseil de sécurité – parlant d'une seule voix – pour un engagement précoce. »

Toutefois, le chef de l'ONU a noté que lorsque le consensus est limité, se réduisant au plus petit dénominateur commun, « les conséquences peuvent se mesurer par de terribles pertes en vies humaines, des souffrances énormes et par une importante perte de crédibilité de ce Conseil et de notre institution. »

« Le moment est venu d'une nouvelle ère de collaboration, de coopération et d'action du Conseil de sécurité », a-t-il encore dit. « Il y a des millions de personnes à travers le monde qui espèrent et comptent sur une action commune décisive par le seul et unique organe mondial qui a pour obligation de maintenir la paix et la sécurité internationales. »

De son côté, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a estimé que la prévention des conflits était complexe mais était faisable. « Dans de nombreux Etats, les institutions démocratiques calment les différends bien avant qu'ils n'atteignent le point d'ébullition », a-t-elle dit.

« Ce Conseil a pour mandat de répondre aux crises avant qu'elles ne transforment en menaces pour la paix et la sécurité internationales », a-t-elle ajouté.

Selon elle, « une conception plus large de l'intérêt national serait plus appropriée pour un siècle marqué par un nombre croissant de défis concernant l'humanité toute entière. » « L'utilisation du veto pour empêcher des mesures destinées à empêcher ou à désamorcer un conflit est une tactique de court-terme et au final contre-productive », a-t-elle ajouté.

Le Conseil de sécurité, pour sa part, a adopté une résolution, dans laquelle il se déclare « résolu à poursuivre l'objectif de la prévention des conflits armés, en tant que partie intégrante de sa responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. »

Le Conseil rappelle que « la prévention des conflits demeure au premier chef la responsabilité des Etats et que les actions prises par l'ONU dans le domaine de la prévention des conflits devraient venir appuyer et compléter, comme il convient, l'action des gouvernements dans ce domaine. »

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité se déclare aussi résolu à examiner et utiliser les outils du système des Nations Unies pour faire en sorte que les systèmes d'alerte concernant les conflits potentiels débouchent sur l'adoption rapide de mesures préventives concrètes, visant notamment à protéger les civils, conformément à la Charte des Nations Unies.


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