Iraq : des experts de l'ONU affirment que les effets du conflit sont dévastateurs et irréversibles pour les minorités

Des personnes déplacées originaires de Mossoul à Alqosh dans la région de Duhok en Iraq. Photo: HCR/S. Baldwin

25 juillet 2014 – Le Rapporteur spécial sur les droits de l'homme des personnes déplacées dans leur propre pays, Chaloka Beyani, et la Rapporteuse spéciale sur les questions de minorités, Rita Izsák ont averti vendredi que les minorités ethniques et religieuses en Iraq sont les premières victimes du conflit dans le pays.

« Je suis très préoccupé par la sécurité de plusieurs communautés minoritaires en Iraq, y compris les Chrétiens, Chiites les Shabaks, les Turkmènes, les Yézidis d'autres, qui sont persécutés en raison de leur religion et de leur appartenance ethnique », a déclaré Mme Izsák, dans un communiqué de presse conjoint avec M. Beyani.

« Selon des informations fiables, les minorités religieuses sont ciblées et leurs membres soumis à des enlèvements, des meurtres ou la confiscation de leurs biens par des groupes extrémistes », a indiqué Mme Izsák.

L'organisation terroriste l'État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) et les groupes armés associés ont pris le contrôle de plusieurs villes dans le nord de l'Iraq au cours des dernières semaines. Ils sont accusés de violations des droits de l'homme, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, dont le meurtre de civils.

Les experts ont indiqué que les civils dans les zones sous le contrôle de l'EIIL doivent se conformer à une interprétation stricte de la charia sous la menace de mort, indépendamment de leurs origines ou appartenance religieuse.

« A Mossoul, par exemple, les membres des minorités ont reçu l'ultimatum de se convertir, payer un impôt, quitter la ville avant le 19 juillet, ou être exécutés », a rappelé Mme Izsák. « Des informations crédibles indiquent que certains membres de la communauté Yazidi et Shabak qui ont refusé de le faire ont été traduits devant les tribunaux religieux et exécutés ».

Un grand nombre de chrétiens ont déjà fui Mossoul, dont près de 350 familles qui sont arrivés dans le nord de la région de Ninive et de Dohouk, qui sont sous contrôle kurde. Selon certaines sources, quelques chrétiens qui sont incapables d'effectuer le voyage, demeurent dans la ville.

« Ce déplacement considérable se transforme en une crise humanitaire », a affirmé M. Beyani. « L'histoire a montré que les communautés minoritaires sont particulièrement vulnérables aux déplacements. Il est nécessaire d'assurer une protection de ces personnes déplacées ».

Les experts indépendants de l'ONU ont souligné que les responsables de ces violations des droits de l'homme doivent être tenus responsables, et exhorté le gouvernement iraquien à faire tout son possible pour protéger les plus vulnérables.


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