Iraq : l'EIIL une « menace complexe » pour le pays et la région selon l'ONU

Le camp de Barharka à proximité d’Erbil dans le nord de l’Iraq abrite des milliers de personnes déplacées. Photo: Emma Beals/IRIN

23 juillet 2014 – Lors d'une réunion mercredi au Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq, Nickolay Mladenov, a averti que l'organisation terroriste l'État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) représente une « menace complexe » à la paix et à la sécurité en Iraq et qu'il faut mettre en œuvre un plan de sécurité avec la pleine coopération du Gouvernement de l'Iraq et du Gouvernement régional du Kurdistan.

M. Mladenov, qui intervenait par visioconférence depuis Bagdad, a indiqué qu'à l'approche des prochaines élections présidentielles, e l'Iraq ne peut pas se permettre de s'engager dans un processus prolongé de formation du gouvernement car « les menaces actuelles menacent l'existence même de l'État iraquien ».

Le Représentant spécial a exprimé sa préoccupation concernant le fait que l'EIIL contrôle à présent environ un tiers du territoire iraquien et que près d'un million de déplacés se trouvent dans de zones qui échappent au contrôle du Gouvernement, tandis que des millions d'autres personnes demeurent prises au piège dans des zones de combats. M. Mladenov a appelé toutes les parties à établir des corridors humanitaires, dans les communautés assiégées notamment, pour faciliter l'acheminement de l'aide.

M. Mladenov a rappelé que l'ONU a recensé plus de 1,600 « sites de déplacements » dans le pays. Les capacités d'accueil des gouvernorats dans la région du Kurdistan ont été dépassées par l'arrivée de 300.000 personnes nouvellement déplacées et qui rejoignent les 225.000 réfugiés syriens qui se trouvaient déjà dans la région.

« Entre les mois de janvier et de juin de cette année, 5500 personnes ont été tuées et 12.000 autres blessées. Près de 900 personnes ont par ailleurs été tuées pendant le seul mois de juillet », a expliqué M. Mladenov.

De toute évidence, a déclaré le Représentant, suite à la chute de Mossoul, l'Iraq ne sera jamais comme avant. Il a souligné qu'en dépit de la menace sécuritaire fondamentale que pose l'EIIL, la solution à la crise ne se trouve pas dans la « boîte à outils des opérations militaires ».

Afin de réussir, a-t-il souligné, tout plan de sécurité doit être mis en œuvre avec la pleine coopération entre le Gouvernement de l'Iraq et le Gouvernement régional du Kurdistan, et doit comporter une condition sine qua non : tout le monde doit s'unir contre le terrorisme. Le Représentant spécial a aussi insisté sur l'importance de répondre aux racines de la violence en mettant notamment en œuvre des mesures politiques et sociales qui répondent aux préoccupations de l'ensemble des communautés, « sans exception ».


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