Centrafrique : Ban affirme que l'ONU s'engage à faciliter le processus de réconciliation nationale

Des enfants centrafricains réfugiés au Tchad. Photo: Anna Jeffreys/IRIN

21 juillet 2014 – Lors du Forum pour la réconciliation nationale en République centrafricaine, qui a eu lieu lundi dans la capitale congolaise Brazzaville, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, s'est félicité de « l'excellent climat » de coopération qui existe entre l'ONU, l'Union africaine, la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC) et d'autres partenaires internationaux, tant bilatéraux que multilatéraux pour soutenir le processus de réconciliation nationale en République centrafricaine.

« Cette coordination et cette cohésion sont également la garantie de l'efficacité des mesures et des sanctions que pourrions être amenés à prendre contre ceux qui seraient tentés de saper le processus de réconciliation et d'autres fauteurs de troubles » a affirmé M. Ban dans un discours lu par son Représentant spécial en République centrafricaine et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA), Babacar Gaye.

Selon le chef de l'ONU, les défis à surmonter sont énormes. Il s'agit de mettre un terme la violence et de faire définitivement taire les armes. En l'absence de solution politique durable aux problèmes de cette région, il n'y aura aucune perspective de paix et d'unité en Centrafrique. Il s'agit de créer les conditions d'une véritable réconciliation dans un contexte marqué par des divisions d'autant plus profondes qu'elles ont pris un tour communautaire et religieux.

Il s'agit également de restaurer la cohésion sociale et de guérir les blessures créées par les déchirures des mois écoulés. Il s'agit de permettre aux institutions de la transition de s'acquitter plus efficacement de leur mandat, y compris en favorisant la tenue d'élections libres, transparentes et crédibles qui couronneront le processus de la transition.

« Votre pays est à la croisée des chemins. Il s'agit d'opérer, sans ambiguïté aucune, le choix de l'impératif du sursaut national, qui exige un attachement sans faille à l'intérêt suprême de votre pays et de son peuple. L'appropriation nationale est un impératif. Sans elle, les efforts de la communauté internationale resteront vains. De ce point de vue, je me félicite des étapes à venir du processus de réconciliation nationale et de relance du dialogue politique », a indiqué le chef de l'ONU.

« Les consultations qui auront lieu au niveau des différentes régions de la Centrafrique et le Forum qui se déroulera par la suite à Bangui seront l'occasion d'impliquer toutes les couches de la population centrafricaine. Les Nations unies apporteront, aux côtés de l'Union africaine, de la CEEAC et des autres membres de la communauté internationale, tout le soutien requis », a-t-il ajouté.

Depuis le début de la crise centrafricaine, l'ONU n'a cessé d'œuvrer, de concert avec les acteurs africains et internationaux concernés, à la recherche d'une solution durable. C'est dans cette perspective que s'inscrit la décision de déployer une opération de maintien de la paix qui prendra le relais de la MISCA le 15 septembre prochain.

La MINUSCA, dont les effectifs seront plus nombreux et le mandat plus large, s'emploiera à consolider les avancées significatives enregistrées par la MISCA avec l'appui des opérations Sangaris et EUFOR-RCA, de façon à créer les conditions d'un engagement international encore plus soutenu en faveur de la République centrafricaine.

Au-delà du soutien politique, le Secrétaire général a indiqué qu'il faut aussi renforcer l'assistance économique, financière et humanitaire, puisque la réconciliation et le dialogue ne peuvent prospérer dans un environnement marqué par une misère extrême et l'incapacité de l'Etat à assumer les plus fondamentales de ses prérogatives régaliennes.

« J'exhorte encore une fois les acteurs centrafricains à faire du Forum de Brazzaville pour la réconciliation nationale inter-centrafricaine et des activités de suivi envisagées, le symbole de la Refondation de la Nation dans sa pluralité, ainsi que celui de leur engagement résolu à ne plus retomber dans les errements du passé. Il importe que les délibérations de ce Forum et des autres phases du dialogue inter-centrafricain qui se tiendront en terre centrafricaine soient marquées du sceau du compromis et de la tolérance mutuelle», a souligné M. Ban.

« Au sortir de cette rencontre, il ne doit y avoir qu'un seul vainqueur: le peuple centrafricain. Je suis plus que jamais déterminé à vous accompagner sur cette voie et à aider la République centrafricaine à retrouver toute la place qui lui revient dans le concert des Nations », a-t-il ajouté.


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