Libye : la crise risque de s'aggraver rapidement et menace la fragile transition, selon l'envoyé de l'ONU

Le Représentant spécial et Chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), Tarek Mitri. Photo: ONU

17 juillet 2014 – Lors d'une réunion jeudi au Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général en Libye, Tarek Mitri, a souligné que le rythme rapide de l'évolution de la situation montre la polarisation qui caractérise la conduite du processus politique en cours dans ce pays. M. Mitri a également confirmé l'évacuation de 160 membres du personnel de l'ONU depuis les derniers affrontements à Tripoli.

« Nous sommes au milieu d'une confrontation majeure entre deux groupes rivaux qui s'affrontent dans la capitale libyenne. Cette confrontation a culminé par les affrontements qui se sont produits aux abords de l'aéroport de Tripoli et qui sont une démonstration des tentatives menées par ces groupes afin de contrôler l'aéroport », a rappelé M. Mitri par visioconférence depuis Beyrouth au Liban.

« L'appel pour un cessez-le-feu lancé par le gouvernement, qui a aussi appelé la communauté internationale à l'aider, n'a pas été entendu », a ajouté le Chef de la Mission d´appui des Nations Unies en Libye (MANUL).

M. Mitri a indiqué que les récents affrontements à Tripoli et autour de l'aéroport de la ville se sont produits d'une manière qui les a de plus en plus rapprochés des installations de la MANUL, qui se trouve ainsi prise entre deux feux. Cette situation a eu des conséquences sur le travail du personnel de la Mission, dont les 160 personnels étrangers ont finalement dus être évacués, mais la Mission continue d'assurer son travail.

Le Représentant spécial a dit que ces affrontements ont jeté de l'ombre sur les élections, le 25 juin, des 200 membres du Conseil des représentants, qui devrait remplacer le Congrès national général. Il a rappelé que 32 sièges du Conseil des représentants ont été réservés aux femmes. Sur le scrutin lui-même, 1,5 millions de Libyens ont voté et 97% des bureaux de vote avaient ouvert leurs portes, mais le vote n'a pu avoir lieu dans la ville de Derna, située dans l'est du pays.

« Les électeurs des circonscriptions électorales de l'ouest de la ville de Tripoli et de celle de Koufra ont boycotté les élections. 24 bureaux de vote ont été la cible de violences à Benghazi, Zawyia, Sirte et Awabari. Un candidat a été tué », a affirmé M. Mitri.

« À cause de tous ces incidents, 12 sièges sont restés vacants. Après la proclamation des résultats, le 6 juillet, 41 candidats ont été disqualifiés, conformément aux termes de la loi sur l'isolement administratif et politique. Le résultat final du scrutin sera connu le 20 juillet », a annoncé le Représentant spécial du Secrétaire général.


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