Les populations les plus pauvres sont les premiers concernées par les maladies non transmissibles - ONU

Ouverture de la 67ème Assemblée mondiale de la santé à Genève. Photo: OMS

10 juillet 2014 – À l'occasion d'une réunion de haut niveau jeudi à l'Assemblée générale sur l'étude et l'évaluation des programmes de la prévention et la maitrise des maladies non transmissibles, la Directrice générale de l'organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan, a exprimé sa préoccupation sur les tendances mondiales actuelles qui montre que les populations les plus pauvres sont les plus durement touchées.

Les maladies non transmissibles sont désormais reconnues par l'OMS comme la cause la plus importante des morts et des handicaps dans le monde, responsable de près de 36 millions de morts en 2008, soit 63% des 57 millions de morts.

Si des progrès ont été réalisés trois ans après la Déclaration politique de 2011, de nombreux pays en développement n'ont toujours pas les ressources techniques et financières pour mener une véritable action multisectorielle contre les impacts sur la santé et le développement socioéconomique des maladies non transmissibles, alors que c'est chez eux que 80% des morts dues à ces maladies sont enregistrées. Chaque année plus de 14 millions y meurent prématurément entre l'âge de 30 et de 70 ans. En fait, le quart de ces morts frappent les personnes de moins de 60 ans.

« 95 des 172 pays qui ont répondu au questionnaire de l'OMS, ont une unité ou un département au Ministère de la santé qui s'occupe des maladies non transmissibles. La moitié d'entre eux ont désormais un plan opérationnel intégrée doté d'un budget spécifique. Le nombre de pays qui mène des études sur les facteurs de risque est passé de 30% en 2011 à 63% l'année dernière », a expliqué Mme Chan.

« Je ne vois pas d'absence d'engagement. Je vois un manque de capacité d'agir, en particulier dans le monde en développement », a-t-elle précisé en expliquant que dans le monde en développement, la plupart des systèmes de santé ont été conçus pour les « évènements brefs » comme les accouchements ou les infections aigües, mais pas pour la gestion à long terme des maladies chroniques aux traitements coûteux et compliqués.

La grande partie de l'histoire de l'humanité a été forgée par la lutte contre les maladies infectieuses qui ont fini par disparaître avec l'amélioration des conditions de vie. Or aujourd'hui, on voit le contraire selon la chef de l'OMS. Le progrès socioéconomique a créé des conditions favorables à la propagation des maladies non transmissibles. Les facteurs de risque de ces maladies sont devenus une partie intégrante du tissu même de la société moderne.

Les systèmes de santé certes doivent s'attaquer à ces maladies mais ils n'ont que très de contrôle de leurs causes. Les professionnels de la santé peuvent plaider pour une législation forte contre le tabagisme et l'alcool, pour plus d'exercice physique et pour des régimes alimentaires plus sains. Ils peuvent soigner les maladies et prescrire des ordonnances mais ils ne peuvent pas recréer l'environnement social pour promouvoir une vie saine.

« Les gouvernements ne devraient pas assumer que les maladies non transmissibles sont du seul ressort secteur de la santé car c'est à eux qu'incombe la responsabilité de la prévention, clé de la bataille contre les maladies non transmissibles. L'environnement social doit changer et ceci n'arrivera que s'il y a à un engagement au plus haut niveau », a déclaré Mme Chan.

« Or, aujourd'hui, les Ministères de l'agriculture ne s'occupent que de la quantité et de la sûreté de la production agricole. Les Ministères de l'éducation ne pensent pas forcément à améliorer les cantines, à supprimer les distributeurs de snacks ou à faire de l'éducation physique une partie intégrante des programmes scolaires. Les Ministères du commerce continuent à promouvoir les investissements étrangers directs, donnant toute la latitude à l'industrie du tabac pour attaquer les autorités publiques ont osé introduire des mesures anti-tabagisme », a-t-elle ajouté.

De son côté, le Président de l'Assemblée générale, John Ashe a souligné que le fardeau sur la santé et l'économie que représentent les maladies non transmissibles a gravement compromis le développement de nombreux pays en développement, en particulier des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

« L'incidence de ces maladies dans les régions du Pacifique et des Caraïbes est très troublante. Environ 25% de la population de ces deux régions souffrent de l'une ou l'autre maladie non transmissible. Les pays de ces régions, faut-il le rappeler, ont une très petite population et ce sont précisément ceux qui sont dans leurs années les plus productives et qui devraient faire la plus grande contribution au développement national, qui sont frappés », a déclaré M. Ashe.


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