Le mur de séparation israélien en Cisjordanie est illégal et constitue un obstacle à la paix, selon Ban

A Ramallah, en Cisjordanie, le mur séparant Israéliens et Palestiniens. Photo: IRIN/Shabtai Gold

9 juillet 2014 – Lors d'une réunion spéciale pour marquer le 10e anniversaire de la décision consultative de Cour internationale de Justice (CIJ) déclarant illégale la construction par Israël d'un mur de séparation en Cisjordanie, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rappelé mercredi la nécessité de respecter le droit international et il a appelé à la fin de la violence entre Israéliens et Palestiniens.

Dans un message lu par le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, Oscar Fernandez-Taranco, M. Ban a déclaré que la réunion au Comité des Nations Unies sur l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien a lieu dans le contexte d'une situation de plus en plus précaire sur le terrain.

« Les implications de ce mur vont bien au-delà de la légalité. Le Mur restreint gravement le mouvement des Palestiniens et l'accès dans toute la Cisjordanie, coupant les terres et compromettant l'accès aux ressources nécessaires au développement des Palestiniens. Le mur ralentit la production agricole et rurale de la Cisjordanie. Le mur et l'extension des colonies de peuplement ont aggravé la fragmentation du Territoire palestinien, isolant encore plus Jérusalem-est », a affirmé le Secrétaire général.

« Conformément à la demande que l'Assemblée générale a faite après l'avis de la CIJ, j'ai créé le Bureau d'enregistrement de l'ONU concernant les dommages causés par la construction du mur dans le Territoire palestinien, lequel est devenu opérationnel en 2008. Le Bureau a reçu à ce jour 42.000 plaintes et plus d'1,1 million de documents en appui à ces plaintes », a-t-il ajouté.

En Juillet 2004, la CIJ a demandé à Israël de cesser la construction du mur, de démolir les parties déjà construites, et de mettre un terme aux restrictions sévères à la liberté de mouvement des Palestiniens vivant en Cisjordanie. En outre, la CIJ a souligné, dans l'avis consultatif, que tous les États sont non seulement tenus de ne pas reconnaître l'illégalité du mur, mais que tous les États parties à la quatrième Convention de Genève ont l'obligation d'assurer le respect par Israël du droit humanitaire international.

« L'adhésion à l'avis de la CIJ est une mesure essentielle pour mettre fin à une occupation entamée en 1967 et pour laisser la place à un État palestinien indépendant, souverain, viable et prospère, vivant côte à côte et en paix avec Israël dans des frontières sûres et reconnues. L'adhésion à l'avis de la CJI est essentielle pour une paix juste, durable et globale au Moyen-Orient », a souligné le Secrétaire général.

De son côté, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires a publié un nouveau rapport qui établit le bilan de l'impact humanitaire du mur sur les communautés rurales et urbaines palestiniennes. Après une diz années, 62% du mur a été construit, dont plus de 200 km depuis l'avis consultatif de la CIJ.

A l'issue de la réunion, le Comité a approuvé une déclaration qui réaffirme tous les aspects de la décision de la CIJ et réitère l'appel de la Cour à l'Assemblée générale des Nations Unies et au Conseil de sécurité de prendre des mesures pour mettre un terme à la situation illégale de la construction par Israël du mur et du régime imposé aux Palestiniens.

Dans sa déclaration, le Comité regrette que le Conseil de sécurité « est resté silencieux » sur la question cruciale de la construction du mur par Israël, et qu'il n'est pas parvenu à prendre des mesures contre les violations du droit international par Israël, en particulier celles liées à l'expansion des colonies illégales et le mur.


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