Soudan du Sud : la Représentante sortante de l'ONU affirme que l'ampleur de la crise fut une surprise

La Représentante spéciale de l’ONU au Soudan du Sud, Hilde Johnson. Photo: capture d’écran.

1 juillet 2014 – Lors de sa conférence de presse finale, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies au Soudan du Sud, Hilde Johnson, a affirmé lundi que personne ne pouvait prévoir l'horrible conflit qui secoue le plus jeune pays du monde depuis six mois et elle a exhorté les parties prenantes à tout mettre en œuvre pour rétablir la paix et la stabilité.

« Même si je savais que ce serait turbulent, difficile et exigeant et que nous serions soumis à une pression considérable, je ne m'attendais pas à ce qui s'est passé au cours des six derniers mois - la rapidité, l'ampleur et la portée de ce qui s'est passé devant nos yeux », a expliqué Mme Johnson lors de cette conférence de presse à New York.

Deux ans et demi après l'indépendance du Soudan du Sud suite à un référendum soutenu par l'ONU, le pays fait face à un défi considérable après qu'une crise politique qui opposait le Président Salva Kiir et l'ancien Vice-président Riek Machar s'est transformée en conflit armé entre les communautés Dinka et Nuer à partir de la mi-décembre 2013.

La crise a déplacé près de 1,5 million de personnes et plus de 7 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire, selon l'ONU. Près de 100.000 civils ont cherché un refuge dans les bases de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) qui a pris la décision sans précédent d'ouvrir ses portes à ceux qui cherchent protection.

Dans une interview avec le Centre d'actualités de l'ONU, Mme Johnson a déclaré que la décision d'accorder abri et protection aux civils qui fuyaient pour sauver leur vie fut « le plus grand succès » de son mandat de trois ans en tant que Représentante spéciale du Secrétaire général et chef de la MINUSS.

« Pour moi, la principale leçon à tirer de ces derniers mois c'est que même si vous savez que quelque chose va se produire, même si vous pensez qu'il existe un risque de violence, cela peut dépasser de loin vos pires craintes », a déclaré la Représentante spéciale.

Selon les termes du processus de paix en cours, les parties prenantes ont jusqu'au 10 août pour parvenir à un accord sur la formation d'un gouvernement de transition provisoire. Avant cette date, il est important que les parties prenantes respectent la trêve.

« Le temps est très court. Dans les prochaines semaines, ce qui est important, c'est de maintenir la pression internationale sur les parties prenantes afin qu'elles se conforment aux dispositions très importantes pour mettre le pays et ses habitants au-dessus des intérêts individuels », a expliqué Mme Johnson.


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