Centrafrique : une experte de l'ONU juge nécessaire de doter la MINUSCA des ressources adéquates

Des enfants dans la capitale centrafricaine, Bangui. Photo: UNICEF

30 juin 2014 – L'Experte indépendante des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en République centrafricaine, Marie-Thérèse Keita-Bocoum, a déclaré lundi que la mise en place de la Mission des Nations Unies MINUSCA constituait un tournant décisif dans la réponse apportée à la situation complexe que traverse le pays.

« Cette réponse doit être multidimensionnelle, concertée et mieux articulée afin de pouvoir relever les nombreux défis auxquels est confrontée la République centrafricaine », a précisé l'Experte indépendante lors de la présentation de son dernier rapport au Conseil des droits de l'homme la semaine dernière.

« Pour ce faire, j'invite la communauté internationale à rapidement doter la MINUSCA de toutes les capacités et ressources nécessaires pour qu'elle puisse pleinement faire usage de son mandat et atteindre les objectifs qui lui sont assignés », a-t-elle indiqué.

« Ceci doit être réalisé en coopération avec les autorités de transition, les forces internationales de maintien de la paix, les partenaires internationaux et l'équipe de pays des Nations Unies », a ajouté Marie-Thérèse Keita-Bocoum.

Le rapport de l'Experte indépendante a permis de mettre en lumière la situation des droits de l'homme en République centrafricaine, sur la base des observations et informations recueillies lors de ses deux visites effectuées du 4 au 14 mars et 10 au 18 avril 2014. Il identifie plusieurs domaines d'assistance technique et de renforcement des capacités, et formule diverses recommandations.

Le rapport conclut que de nombreuses violations des droits de l'homme commises en République centrafricaine depuis la recrudescence de la crise en décembre 2012 touchent au droit à la vie et incluent des exécutions extrajudiciaires, des cas de torture, de viol de femmes et de filles, des incendies de villages, des pillages et diverses exactions.

Depuis décembre 2013, la crise a pris une forme sectaire par le biais d'affrontements entre, d'une part les ex-Séléka (pour la plupart musulmans), et d'autre part, les anti-Balaka (pour la plupart chrétiens et animistes). Le rapport note que les deux groupes continuent de se livrer à des violations graves des droits de l'homme et que les attaques systématiques et violentes d'une communauté contre l'autre se poursuivent. Les exactions commises par les deux groupes comprennent notamment des massacres et des déplacements forcés de communautés, en majorité musulmanes.

« Depuis son indépendance, la République centrafricaine est, et a été, marquée par la mauvaise gouvernance, la corruption, le népotisme et des gabegies de toutes sortes. Si rien n'est fait pour assurer la sécurité des personnes et des biens, le pays continuera à être un sanctuaire pour la prolifération des armes légères et de petit calibre, des groupes armés et des criminels de tout ordre », a souligné l'Experte indépendante.


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