Afghanistan : le Conseil de sécurité réaffirme l'importance historique du scrutin présidentiel

Jan Kubis, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan. Photo MANUA/Fardin Waezi

25 juin 2014 – Le Conseil de sécurité s'est félicité mercredi de la tenue du second tour de l'élection présidentielle afghane le 14 juin, réaffirmant l'« importance historique de cet événement pour la transition de l'Afghanistan et son développement démocratique ».

Dans une déclaration présidentielle, lue par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de juin, Vitaly Churkin, de la Fédération de Russie, le Conseil a salué « la participation du peuple afghan et le courage dont il a fait preuve en se montrant déterminé à voter malgré les menaces et les mesures d'intimidation provenant des Taliban et d'autres groupes extrémistes violents et terroristes », tout en se félicitant de la participation des femmes afghanes au processus électoral.

Dans cette déclaration, le Conseil de sécurité « souligne qu'il importe d'adopter une approche globale pour régler les problèmes liés à la sécurité, à la situation économique, à la gouvernance et au développement en Afghanistan, qui ont un caractère interdépendant ».

Il « demande à l'ONU, agissant avec le soutien de la communauté internationale, d'apporter un appui aux programmes prioritaires nationaux du Gouvernement afghan dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance, de la justice et du développement économique et social » et que soit « poursuivie la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue ».

Le Conseil « insiste sur la nécessité de renforcer les mécanismes de coopération et de coordination interrégionaux et internationaux existants afin de faire face de manière intégrée, globale et équilibrée au problème de la drogue, y compris dans le cadre d'un programme de sécurité, de développement et de renforcement d'institutions sur le long terme. »

Enfin, il « demande aux États de renforcer la coopération internationale et régionale pour faire pièce à la menace que la production, le trafic et la consommation de drogues illicites au départ de l'Afghanistan font peser sur la communauté internationale ».

Auparavant, dans son exposé trimestriel au Conseil, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afghanistan, Jan Kubis, a déclaré qu'une « transition politique en temps opportun » avec un résultat de l'élection présidentielle « stable et unificateur » était « le souhait des Afghans et la condition nécessaire pour permettre au pays de relever les défis politique, sécuritaire et de développement ».

M. Kubis, qui présentait par visioconférence le rapport du Secrétaire général sur la « situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales », a jugé porteuse d'espoir et encourageante la participation des Afghans aux deux tours de l'élection présidentielle, qui ont eu lieu le 5 avril et le 14 juin. « Avec fierté et détermination, ils se sont rendus aux urnes en soutenant une transition politique démocratique et pour mettre fin aux cycles d'une violence ruineuse », a-t-il dit.

M. Kubis a appelé les deux candidats à la présidentielle à coopérer d'urgence pour empêcher tout scénario de glissement vers la confrontation et la violence, lequel, malheureusement, ne peut pas être exclu pour le moment. Dans ces moments de tension, les faux pas, les malentendus, les incompréhensions et les actions d'une minorité radicale peuvent avoir des conséquences plus larges, a-t-il prévenu, appelant au calme entre les partisans des deux candidats.

Le Secrétaire général, Ban Ki-moon, dans son rapport, estime que « le nouveau dirigeant du pays devra, entre autres priorités, se prononcer sur les cadres juridiques de la présence des troupes des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan après 2014 ».

Il précise que même si la présence physique des troupes des États Membres participant à la FIAS décroît, ceux-ci doivent « continuer d'apporter une sécurité et une aide au développement prévisibles » et « renforcer les systèmes afghans ». « On ne peut donner l'impression d'abandonner le peuple afghan », préconise-t-il, notant que « le principe d'une direction afghane appuyée par la communauté internationale durant les décennies du changement est au cœur même de la transition ».

Le Secrétaire général souligne que « les engagements mutuels pris au Sommet de l'OTAN à Chicago et à la Conférence de Tokyo doivent être tenus. Le Sommet de l'OTAN en septembre et la Conférence ministérielle sur le développement, prévue à Londres en novembre sont d'importantes occasions de réaffirmer et de renforcer les engagements mutuels avec le Gouvernement d'Afghanistan ».

De son côté, le Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, a dit que l'Afghanistan avait besoin d'un appui international continu, alors que la transition entamée en 2014 se trouve dans une situation qui risque de créer une incertitude politique et sécuritaire considérable. Il a indiqué que selon les estimations de l'ONUDC, la valeur du commerce mondial d'opium, dont l'Afghanistan est le premier producteur mondial, s'élève à 68 milliards de dollars.

L'Afghanistan est le centre mondial d'un trafic illicite de plusieurs milliards de dollars, qui a un impact sur la sécurité, l'état de droit, la santé et le développement durable du pays, a-t-il déploré. Le lien entre absence de sécurité et culture intensive du pavot est évident, a-t-il dit en notant que le blanchiment de l'argent provenant de la drogue empêche une bonne collecte de l'impôt en Afghanistan.


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