ONU-Femmes appelle à soutenir les Centrafricaines comme agents de paix et de développement

Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU-Femmes. Photo ONU-Femmes

24 juin 2014 – A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité sur la situation en République centrafricaine, la Directrice exécutive d'ONU-Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, a appelé la communauté internationale à soutenir les femmes centrafricaines comme agents de paix et de développement.

Mme Mlambo-Ngcuka s'est rendue il y a un mois à Bangui dans le cadre d'une visite conjointe avec l'Envoyée spéciale de l'Union africaine sur les femmes, la paix et la sécurité.

« L'objectif de notre visite était de donner une visibilité à la situation difficile des femmes et des filles, à garantir que les questions de genre soient prises en compte dans la nouvelle mission des Nations Unies, et à promouvoir la participation et le leadership des femmes dans la réconciliation au niveau local, dans le dialogue national, la justice transitionnelle et les prochaines élections », a dit la Directrice exécutive d'ONU-Femmes dans un exposé devant les membres du Conseil de sécurité.

Selon elle, ce qu'elle a entendu lors de sa visite était terrifiant. « Dans les camps de déplacés à travers le pays, notamment celui que nous avons visité, la situation est désespérée », a-t-elle dit.

« Les filles sont fréquemment soumises à des mariages forcés. Nombre d'entre elles tombent enceinte, font des fausses couches ou contractent des maladies sexuellement transmissibles, notamment le VIH », a-t-elle ajouté. « 90% des sites de déplacés n'ont pas de services médicaux ou psychosociaux pour les survivantes de violences liées au genre. »

Mme Mlambo-Ngucka a déclaré avoir aussi vu un autre aspect de la République centrafricaine avec des femmes s'organisant pour survivre et prospérer. Elle a appelé à apporter une aide aux organisations de femmes.

« Les femmes doivent être soutenues comme agents de paix et de développement », a-t-elle déclaré.

La Directrice exécutive d'ONU-Femmes a demandé au Conseil de sécurité de s'assurer que la nouvelle Mission des Nations Unies (MINUSCA) ait la structure adéquate pour remplir sa mission en la matière. Elle a aussi estimé nécessaire que les pays contributeurs de troupes fournissent à toutes les troupes une formation sur la prévention de la violence sexuelle.

Mme Mlambo-Ngucka a aussi suggéré au Conseil de sécurité de s'assurer que les femmes soient représentées dans les préparatifs pour les élections et que les efforts pour reconstruire le système judiciaire et lutter contre l'impunité incluent des experts des crimes sexuels.


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