Ukraine : la situation dans l'est reste grave malgré des signes de désescalade, selon l'ONU

Le Sous Secrétaire général aux affaires politiques, Tayé-Brook Zerihoun. Photo PNU/Paulo Filgueiras

24 juin 2014 – Malgré de récents développements positifs, la crise en Ukraine est loin d'être résolue et la situation sur le terrain dans l'est du pays reste inquiétante, ont déclaré mardi deux hauts responsables des Nations Unies.

« En raison principalement de l'initiative prise par le Président Petro Poroshenko depuis son inauguration le 7 juin pour trouver une solution pacifique et durable à la crise en Ukraine, ainsi qu'en raison des efforts sans relâche de la communauté internationale, il y a des signes encourageants de désescalade du conflit en Ukraine », a dit le Sous- Secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques, Tayé-Brook Zerihoun, devant les membres du Conseil de sécurité.

Le Président ukrainien Poroshenko a annoncé le 20 juin le début d'un cessez-le-feu d'une semaine. De leur côté les milices armées ont accepté de faire de même. « De manière générale, le cessez-le-feu tient », a dit M. Zerihoun, qui a noté également que le Président russe Vladimir Poutine a demandé au Parlement russe de révoquer l'autorisation d'envoyer des troupes en Ukraine.

« Malgré ces avancées importantes, pouvant conduire à une désescalade de la situation, le Secrétaire général reste très préoccupé par le fait que les réalités sur le terrain restent sérieuses et très inquiétantes », a-t-il ajouté. Il a noté que les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui ont été enlevés les 26 et 29 mai n'avaient toujours pas été libérés.

Pour sa part, le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l'homme, Ivan Simonovic, a affirmé mardi devant le Conseil de sécurité que la situation sur le terrain dans l'est de l'Ukraine avait continué de se dégrader ces dernières semaines, selon les informations collectées par la Mission des Nations Unies de surveillance des droits de l'homme dans ce pays.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) vient de publier le troisième rapport mensuel de cette mission qui couvre la période du 7 mai au 7 juin 2014.

« Le rapport souligne la détérioration rapide de la situation dans l'est. Toutefois, la situation s'est détériorée encore davantage depuis la date-butoir de ce rapport. Les estimations basées sur les informations recueillies de sources officielles indiquent que du 15 avril au 20 juin, 423 personnes, dont des militaires et des civils, ont été tués », a dit M. Simonovic lors d'un exposé devant les membres du Conseil de sécurité.

Le Sous-Secrétaire général a noté une augmentation du recrutement et du nombre d'armes par les groupes armés. Selon lui, les enlèvements et les détentions par les groupes armés continuent de représenter une tendance inquiétante.

« Dans le contexte des opérations de sécurité du gouvernement ukrainien, il y a eu une augmentation des disparitions forcées signalées et d'un usage excessif de la force qui ont causé des décès au sein de la population », a ajouté M. Simonovic. Il s'est aussi inquiété de la situation des journalistes.

« La population s'en va, en partie à cause de la peur, mais aussi à cause de l'aggravation de la situation économique et sociale », a-t-il dit, ajoutant que la moitié de la population de la région de Donetsk est confrontée à des problèmes pour accéder à de l'eau.

Au cours des deux dernières semaines, le nombre de personnes déplacées a doublé dans le pays. Au 23 juin, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a évalué le nombre de déplacés à 46.100, dont 11.500 de Crimée et près de 34.600 originaires de l'est de l'Ukraine.

S'agissant de la Crimée, le rapport de la Mission des Nations Unies a noté que cette région du sud de l'Ukraine, qui a été rattachée à la Russie, se trouve dans des « limbes juridiques ».

« Bien que la législation ukrainienne est censée rester en vigueur, également conformément à la résolution de l'Assemblée générale 68/262, les institutions juridiques en Crimée sont déjà tenues de se conformer aux dispositions de la législation de la Fédération de Russie », a souligné M. Simonovic. « Cela a des effets très concrets, alors qu'environ 15.000 affaires judiciaires sont dans les limbes juridiques entre les lois et les systèmes juridiques de l'Ukraine et de la Russie. »


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