Iraq : le nombre de civils déplacés atteint désormais un million, selon le HCR

Des Iraquiens déplacés par les violences reçoivent une assistance de l’ONU. Photo PAM/Mohammed Albahbahani

20 juin 2014 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé vendredi sa préoccupation concernant la situation en Iraq, où le nombre de civils déplacés est désormais estimé à un million de personnes pour cette année. L'agence a également exprimé son inquiétude concernant la sécurité des réfugiés syriens dans le camp d'Al Qaïm, dans l'ouest de l'Iraq.

« Le camp d'Al-Qaïm, également connu sous le nom d'Al-Obaidi, est situé dans la province d'Anbar en Iraq à environ 25 kilomètres de la frontière syrienne. Près de 1.500 réfugiés syriens y sont logés dans des tentes. Un autre groupe de 3.500 personnes vit à la périphérie du camp. La nuit dernière, des affrontements militaires se sont produits dans une zone du camp, provoquant la panique parmi la population réfugiée. Le calme est maintenant revenu depuis ce matin », a expliqué le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève.

Compte tenu de l'accès limité, le HCR avait pré-positionné du kérosène, du carburant diesel ainsi que de la farine pour le pain pour les deux prochains mois et travaille avec d'autres agences onusiennes pour éviter toute interruption de la distribution d'aide alimentaire.

« De nombreux réfugiés ont demandé à rentrer en Syrie, même si de larges régions de la Syrie demeurent contestées. Nous recevons des informations selon lesquelles une grande partie de la population urbaine a quitté Al Qaïm pour rejoindre des localités plus sûres », a indiqué le porte-parole.

Parallèlement, les besoins humanitaires des civils iraquiens nouvellement déplacés continuent de croître. De nombreuses personnes déplacées sont hébergérs temporairement chez des amis et des proches, dans des hôtels, des écoles, des mosquées, des parcs et des bâtiments inachevés. De plus en plus de déplacés n'ont nulle part où aller et sont en quête d'un refuge dans des camps qui sont soit en cours d'ouverture ou au stade de la planification.

« Deux fois cette semaine, nous avons envoyé des tentes et d'autres articles de secours par convoi vers Sinjar – une région démunie et reculée de la province de Ninive – où près de 30.000 personnes ayant fui Tal Afar et d'autres localités se sont rassemblées ces derniers jours », a expliqué le porte-parole du HCR.

Le HCR et ses partenaires ont mené des évaluations auprès de 2.700 ménages en milieu urbain à Erbil et Duhok. « 70% de ces familles déplacées ont indiqué qu'elles ont l'intention de rentrer bientôt à Mossoul car elles n'ont plus d'argent. Certaines sont obligées de vendre des objets personnels pour payer leur logement. D'autres sont déjà partis et nos collègues postés aux points de contrôle entre les provinces signalent des mouvements dans les deux sens », a dit M. Edwards.

« Nous continuons d'intensifier notre réponse pour venir en aide à ces personnes dans le besoin, en distribuant des tentes, des matelas, des couvertures, des jerrycans, des kits d'hygiène, des ustensiles de cuisine et des réchauds à 14.000 personnes ayant trouvé refuge principalement dans des camps. Parmi ces camps, il y a le camp de transit de Khazair dans le gouvernorat d'Erbil, le camp de Garmawa dans le gouvernorat de Duhok, le camp de Sinjar dans le gouvernorat de Ninive ainsi que ceux dans les villes de Suleymanieh et Khanaqin dans le gouvernorat de Diyala », a expliqué M. Edwards.

De son côté, la Coordinatrice humanitaire des Nations Unies en Iraq, Jacqueline Badcock, a souligné qu'un grand nombre de personnes déplacées vivent dehors et ont urgemment besoin d'eau, de nourriture, de latrines et de protection puisque le nombre d'incidents violents augmente, notamment des violences sexuelle contre les personnes déplacées.

« Le conflit et la situation très instable risque probablement de limiter l'accès humanitaire aux milliers de personnes qui se trouvent dans les zones contrôlées par les groupes armés. Je rappelle à toutes les parties prenantes au conflit qu'ils doivent accorder un accès humanitaire sans entraves aux personnes qui ont besoin d'aide », a affirmé Mme Badcock.


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