Sahel : l'envoyée de l'ONU inquiète de la détérioration de la situation sécuritaire

L’Envoyée spéciale pour le Sahel, Hiroute Guebre Sellassie, devant le Conseil de sécurité. Photo ONU/Devra Berkowitz

19 juin 2014 – Lors d'un exposé devant le Conseil de sécurité jeudi, la nouvelle Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Sahel, Hiroute Guebre Sellassie, s'est déclarée inquiète de la détérioration de la situation politique et sécuritaire dans la région, notamment en Libye.

« Pendant la courte période depuis que j'occupe ce poste, j'ai été frappée par la détérioration de la situation politique et sécuritaire dans la région, en particulier en Libye, par les défis sécuritaires et politiques durables au Mali, et par les attaques terroristes récurrentes à travers la région, en particulier celles menées par Boko Haram au Nigéria », a dit Mme Guebre Sellassie.

Selon elle, la forte augmentation des actes terroristes par Boko Haram dans le nord et le centre du Nigéria depuis 2013 menace désormais aussi le Cameroun, le Niger et le Tchad. « En outre, le conflit et l'effondrement de l'Etat en République centrafricaine a entraîné une plus forte instabilité en Afrique centrale et augmenté le risque de nouvelles connections entre les groupes terroristes basés au Sahara/Sahel, au Nigéria et dans la Corne de l'Afrique/Afrique de l'Est », a-t-elle ajouté.

La Représentante spéciale a également noté que la situation humanitaire restait fragile au Sahel, avec au moins 20 millions de personnes menacées d'insécurité alimentaire et près de 5 millions d'enfants menacés de malnutrition sévère. « En même temps, les niveaux élevés de chômage chez les jeunes au Sahel augmentent l'attrait d'une idéologie violente », a-t-elle ajouté.

Mme Guebre Sellassie a rappelé que depuis l'adoption de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel par le Conseil de sécurité l'an dernier, le système des Nations Unies a lancé une série de projets dans les domaines de la gouvernance, de la sécurité et de la résilience.

« En matière de gouvernance, nous avons accordé la priorité aux activités favorisant l'inclusion politique », a dit la Représentante spéciale. « Dans le domaine de la sécurité nous avons lancé des projets destinés à promouvoir une gestion commune des frontières et à prévenir la propagation d'une idéologie violente. » Dans le domaine de la résilience, l'ONU encourage l'activité économique transfrontalière légitime.

Mme Guebre Sellassie a estimé que la communauté internationale avait besoin d'améliorer la coordination. « Agir vite et d'une manière coordonnée est nécessaire pour surmonter les crises actuelles », a-t-elle dit.


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