Mali : l'ONU juge urgent de démarrer des pourparlers de paix

Des casques bleus en patrouille à Kidal, au Mali. Photo MINUSMA/Blagoje Grujic

18 juin 2014 – A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité mercredi sur la situation au Mali, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a estimé urgent de démarrer des pourparlers de paix et a regretté le manque de progrès vers un véritable dialogue de fond entre le gouvernement et les groupes armés.

M. Ladsous a rappelé les affrontements dans le nord du Mali en mai, « qui ont ébranlé le pays mais aussi le processus politique déjà fragile », et l'attentat suicide contre la Mission des Nations Unies (MINUSMA) le 11 juin à Aguelhok au cours duquel quatre Casques bleus ont été tués et six autres blessés.

« Malgré les efforts de la communauté internationale et des autorités maliennes au cours de l'année écoulée, les combats tragiques dans la région de Kidal et leurs conséquences - et l'insécurité générale causée par la présence persistante de groupes terroristes dans le nord du Mali - montrent qu'il reste beaucoup à faire pour parvenir à une stabilité durable dans ce pays », a dit M. Ladsous devant les membres du Conseil de sécurité.

« Un processus politique réussi est la pierre angulaire de cette stabilité. Tous les aspects de la stabilisation du Mali, y compris la restauration de l'autorité de l'Etat, le rétablissement de la sécurité et de la protection des civils, restent subordonnés à la conclusion réussie des négociations de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés au nord dans le cadre de l'accord de Ouagadougou. Le statu quo ne peut pas continuer : des progrès dans le processus politique sont urgents. Le moment est venu pour des pourparlers de paix », a-t-il ajouté.

Selon Hervé Ladsous, « après un début prometteur avec la signature de l'accord préliminaire - il y a exactement un an aujourd'hui - le gouvernement et les groupes armés ont fait peu de progrès vers un véritable dialogue de fond. » « Il est juste de dire que l'absence de progrès dans le processus politique a conduit à la forte dégradation de la situation sécuritaire dans la région de Kidal. »

Le Secrétaire général adjoint a rappelé que grâce aux bons offices du Président mauritanien Abel Aziz et du Représentant spécial du Secrétaire général Bert Koenders, un accord de cessez-le feu a été signé le 23 mai pour mettre fin aux hostilités dans la région de Kidal. Les modalités de la mise en œuvre de cet accord ont été approuvées à Gao le 13 juin. Ce cessez-le-feu « représente une étape importante dans la bonne direction », a déclaré M. Ladsous.

Il a indiqué que la MINUSMA était prête à continuer à jouer un rôle clé « pour encourager le lancement de pourparlers de paix dès que possible. » « Mais au final, c'est aux parties prenantes maliennes de respecter leurs engagements et de se mettre d'accord sur le lancement de pourparlers de paix immédiatement », a-t-il ajouté.

S'agissant des effectifs de la MINUSMA, M. Ladsous a indiqué que la Mission disposait désormais de 70% des effectifs civils prévus, 77% des militaires et 83% des policiers.


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