La CPI demande d'agir rapidement au Darfour pour mettre fin à l'impunité

La Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda au Conseil de sécurité. Photo: ONU/Eskinder Debebe

17 juin 2014 – La Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, s'est inquiétée mardi de la détérioration de la situation au Darfour, au Soudan, et a demandé au Conseil de sécurité d'agir rapidement pour mettre fin à l'impunité.

« Combien de temps encore la légalité et l'établissement des responsabilités seront sacrifiés sur l'autel de l'opportunisme politique? Quels seuils de souffrance les victimes du Darfour doivent endurer pour que le Conseil de sécurité agisse de manière décisive dans cette région? » a dit Mme Bensouda devant les membres du Conseil.

La Procureure a dénoncé des « crimes systématiques et généralisés » commis en toute impunité et a regretté que les mandats d'arrêt émis par la Cour à l'encontre des responsables politiques et militaires soudanais n'aient toujours pas été exécutés.

Selon la Procureure, aucun progrès judiciaire ne sera possible en l'absence d'arrestations : « les suspects sont toujours en liberté et aucune mesure significative n'a été prise pour les appréhender ni les faire traduire en justice », une responsabilité qui incombe aux États, « et non pas à la Cour ».

« Nous sommes aujourd'hui au même stade où nous en étions en 2007, lorsque des mandats d'arrêt avaient été émis contre MM. Ahmad Harun et Ali Kushayb. Même avec les trois autres mandats d'arrêt, dont deux émis à l'encontre du Président Omar Al-Bashir en 2009 et 2010, et un à l'encontre de M. Abdelraheem Hussein en 2012, la situation n'a pas changé », a constaté Mme Bensouda, en se disant déçue que le Chef de l'État soudanais ait pu se rendre à l'étranger à plusieurs reprises, y compris sur le territoire d'États parties au Statut de Rome, « sans la moindre inquiétude ».

« L'inaction du Conseil de sécurité remet en cause sa crédibilité », a-t-elle prévenu.

La Procureure a par ailleurs alerté le Conseil de sécurité de la détérioration de la situation sécuritaire sur le terrain, en insistant sur l'intensification des violences –notamment depuis février 2014–, le nombre croissant de personnes déplacées et l'obstruction « délibérée » à l'aide humanitaire.

Frappes aériennes et attaques armées se succèdent contre des populations civiles, a-t-elle dit, en accusant tout particulièrement la Force de soutien rapide, une unité spéciale de l'armée soudanaise placée « sous l'autorité de M. Mohamed Hamdan ». Des viols en réunion et des brutalités policières ont également été au nombre des violations perpétrées au cours de ces derniers mois, a-t-elle précisé.


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