Myanmar : l'ONU dénonce les conditions choquantes dans des camps de déplacés

Des gens arrivés en Malaisie après un long voyage en bateau depuis l’Etat de Rakhine, au Myanmar. Photo HCR/B. Baloch

17 juin 2014 – La Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux affaires humanitaires, Kyung-wha Kang, a dénoncé mardi les conditions choquantes dans lesquelles vivent des déplacés dans des camps situés dans l'Etat de Rakhine, au Myanmar.

Mme Kang s'est rendue la semaine dernière au Myanmar, un voyage qui a coïncidé avec le deuxième anniversaire des violences intercommunautaires dans l'Etat de Rakhine et avec le troisième anniversaire du conflit dans l'Etat de Kachin.

« A la fois dans l'Etat de Rakhine et dans celui de Kachin, l'accès humanitaire est un problème, mais pour des raisons très différentes », a dit Mme Kang, lors d'une conférence de presse à New York.

« Dans l'Etat de Rakhine, j'ai assisté à un niveau de souffrance humaine dans les camps que je n'ai personnellement jamais vu auparavant, avec des hommes, des femmes et des enfants vivant dans des conditions épouvantables avec de sévères restrictions à leur liberté de mouvement, à la fois dans les camps et dans des villages isolés. Beaucoup de gens ont un accès tout à fait insuffisant aux services de base tels que la santé, l'éducation, l'eau et l'assainissement », a expliqué Mme Kang.

« Deux ans après la crise dans l'Etat de Rakhine, des centaines de milliers de personnes continuent de dépendre de l'aide humanitaire parce qu'elles ne peuvent pas reconstruire leurs vies et leurs moyens de subsistance. Les agriculteurs ne peuvent pas aller dans leurs champs, les pêcheurs ne peuvent pas aller à la mer, et les commerçants ne peuvent pas aller dans les marchés », a-t-elle ajouté.

Selon elle, les travailleurs humanitaires effectuent leur travail dans des conditions extrêmement difficiles. « Si les autorités du Myanmar ne traduisent pas en justice les auteurs des attaques qui ont visé fin mars des locaux des Nations Unies et des ONG, la sûreté et la sécurité de notre personnel continueront d'être menacées », a dit la Sous-Secrétaire générale adjointe.

Selon elle, le contexte dans l'Etat de Kachin est très différent. Dans cet Etat, la moitié des quelque 100.000 personnes déplacées par la guerre vivent dans des camps qui échappent au contrôle du gouvernement, et où l'accès international est limité.

Mme Kang n'a pu visiter qu'un camp de personnes déplacées dans la zone contrôlée par le gouvernement, mais elle a rencontré le personnel des ONG locales qui sont au cœur de l'action humanitaire dans les zones tenues par l'Armée de l'indépendance kachin.

Dans la capitale Nay Pyi Taw, Mme Kang a rencontré des responsables du gouvernement du Myanmar. Lors de ces rencontres, elle a réitéré l'engagement des Nations Unies à soutenir les efforts du gouvernement pour répondre aux besoins humanitaires et a rappelé aux autorités qu'elles avaient pour responsabilité de traduire les auteurs des attaques de mars devant la justice.


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