UNESCO : la ville bolivienne de Potosí ajoutée à la Liste du patrimoine mondial en péril

Le siège de l’UNESCO à Paris. Photo UNESCO/M. Ravassard

17 juin 2014 – Le Comité du patrimoine mondial réuni à Doha, au Qatar a inscrit la ville de Potosí, en Bolivie sur la Liste du patrimoine en péril en raison de des activités minières incessantes et incontrôlées dans la montagne du Cerro Rico qui risquent de dégrader le site.

Au XVIe siècle, Potosí était considérée comme le plus grand complexe industriel du monde. L'extraction du minerai d'argent était assurée par une série de moulins à eau. L'ensemble actuel comprend les monuments industriels du Cerro Rico, où l'eau est amenée par un système compliqué d'aqueducs et de lacs artificiels, la ville coloniale avec la Casa de la Moneda, l'église de San Lorenzo, des demeures nobles et les « barrios mitayos » qui étaient les quartiers ouvriers.

Dans sa décision, le Comité a mis en avant la dégradation potentielle du site historique provoquée par l'exploitation minière ; l'instabilité et le risque d'effondrement du Cerro Rico ; les carences en matière de conservation ; l'application inefficace en matière de protection et les impacts environnementaux sur le complexe hydraulique qui affecte à son tour le tissu historique et la population locale.

La ville de Potosí a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1987.

En revanche, le Comité du patrimoine mondial a estimé que la gestion et la sauvegarde des Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara situées dans la République-Unie de Tanzanie se sont améliorées au point que le site peut désormais être retiré de la Liste du patrimoine en péril.

Situées sur deux îles toutes proches de la côte tanzanienne, à près de 300 km au sud de Dar es-Salaam, Kilwa Kisiwani et Songo Mnara étaient des villes commerçantes swahilies. Leur prospérité reposait sur le contrôle du commerce maritime dans l'océan Indien avec l'Arabie, l'Inde et la Chine, notamment entre le XIIIe et le XVIe siècle lorsque l'or et l'ivoire de l'arrière-pays s'échangeaient contre l'argent, la cornaline, les parfums, les faïences de Perse et les porcelaines de Chine.

Le site a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2004 en raison de la détérioration et du délabrement qui ont conduit à l'effondrement des structures historiques et archéologiques qui avaient justifié l'inscription du bien.

La 38e session du Comité du patrimoine mondial a commencé le 15 juin et se poursuivra jusqu'au 25 juin, sous la présidence de la Sheikha Al Mayassa Bint Hamad Bin Khalifa Al Thani.


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