Iraq : le Secrétaire général appelle à éviter les représailles

Des Iraquiens déplacés par les violences reçoivent une assistance de l’ONU. Photo PAM/Mohammed Albahbahani

16 juin 2014 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, s'est dit profondément troublé par les informations faisant état d'exécutions sommaires par le groupe islamiste l'Etat islamique en Iraq et au Levant (EIIL) et a souligné qu'il était urgent de traduire les auteurs de ces crimes devant la justice.

« Le Secrétaire général met en garde contre la rhétorique sectaire qui pourrait exacerber le conflit et avoir de graves conséquences pour l'ensemble de la région. À cet égard, il se félicite de la clarification importante sur la nécessité de l'unité iraquienne par Son Eminence Sayed Ali Al-Sistani, dont la sagesse et la raison ont une profonde influence », a dit le porte-parole du Secrétaire général dans une déclaration à la presse publiée dimanche soir.

Le Secrétaire général a appelé tous les dirigeants iraquiens - politiques, militaires, religieux et communautaires - à s'assurer que leurs partisans évitent les actes de représailles.

M. Ban a également exhorté les dirigeants iraquiens à s'unir autour d'un plan de sécurité national inclusif et de mesures politiques et sociales visant à s'attaquer, sur la base de la Constitution, à la menace importante qui vise le pays.

« Le Secrétaire général exhorte une fois de plus la communauté internationale à s'unir pour faire preuve de solidarité avec l'Iraq alors que le pays affronte ce défi grave pour la sécurité. Il appelle au plein respect du droit international humanitaire et des droits de l'homme dans les efforts visant à lutter contre le terrorisme et la violence en Iraq », a dit son porte-parole.

« La Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI) est prête à aider le gouvernement et le peuple de l'Iraq à surmonter la crise », a-t-il ajouté.

De son côté, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a condamné, lundi, l’exécution de sang-froid de centaines de soldats iraquiens hors de combat et de civils, y compris des chefs religieux et des personnes associées au gouvernement, qui aurait été perpétrée ces derniers jours par des forces alliées à l’Etat islamique en Iraq et au Levant (EIIL).

« Selon des rapports corroborés par plusieurs sources, il semble que des centaines de non-combattants aient été sommairement exécutés au cours des cinq derniers jours, notamment des soldats capturés ou qui s’étaient rendus, des conscrits de l’armée, des policiers et d’autres personnes associées au gouvernement », a déclaré Navi Pillay. « Bien que les chiffres n’aient pas encore pu être vérifiés, cette série d’exécutions de sang-froid menées principalement dans plusieurs lieux de la région de Tikrit et, semble-t-il, systématiques, constituent très probablement des crimes de guerre. »

Selon les informations reçues du terrain ces derniers jours par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, des forces affiliées à l’EIIL ont aussi exécuté l’imam de la grande mosquée de Mossoul le 12 juin pour avoir refusé de prêter allégeance à l’EIIL. Des rapports faisant état d’autres exécutions de chefs religieux ont également été reçus. Le samedi 14 juin, 12 imams locaux auraient ainsi été exécutés devant la mosquée Al Israa, aussi à Mossoul, pour la même raison.

« Le langage provocateur de l’EIIL, qui parle de ‘liquider des troupeaux de moutons’ et qui alimente les tensions sectaires, vise de toute évidence à répandre davantage de chaos et de sang dans le pays », a ajouté Navi Pillay. « Le peuple iraquien a fait preuve d’une remarquable résilience face aux souffrances ininterrompues des dix dernières années. Cette nouvelle vague de combats et de violence extrême est très dangereuse, pas seulement pour l’Iraq mais pour toute la région. J’exhorte tous les chefs politiques et religieux du pays à s’unir contre les efforts destinés à déchirer l’Iraq selon des lignes sectaires ou géographiques. »


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