Iraq : le Conseil de sécurité réaffirme son soutien aux forces politiques pour assurer la stabilité

Une femme iraquienne déplacée par le conflit dans la province d’Anbar, en Iraq. Photo HCR

6 juin 2014 – Les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur soutien aux efforts concertés des entités politiques en Iraq pour assurer la sécurité de l'ensemble de la population de ce pays où la violence a fait près de 800 victimes en mai, notamment dans la province d'Anbar, particulièrement affectée par la violence.

Le Conseil de sécurité avait entendu mercredi le rapport du Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU en Iraq, Nickolay Mladenov, sur la situation dans ce pays.

Depuis le début de l'année, des dizaines de milliers de familles ont été déplacées par les combats dans la province d'Anbar, avait expliqué le chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Iraq (MANUI).

Dans une déclaration à la presse publiée jeudi soir, les membres du Conseil de sécurité ont souligné l'importance du soutien du gouvernement iraquien aux efforts pour impliquer les dirigeants civils locaux à Anbar et pour organiser une conférence sur la situation dans cette province.

« Les membres du Conseil de sécurité ont salué le Commission électorale indépendante de l'Iraq, les forces de sécurité iraquiennes, le peuple iraquien et les candidats pour avoir mené à terme les élections malgré les difficultés sécuritaires et les menaces des groupes terroristes, et en particulier l'État islamique d'Iraq et du Levant », ont-ils indiqué dans une déclaration à la presse.

« Ils ont réitéré leur appel aux entités politiques à travailler ensemble dans le cadre d'un processus inclusif pour renforcer l'unité nationale, la souveraineté et l'indépendance de l'Iraq, et aux dirigeants iraquiens de s'engager aussi vite que possible à la formation d'un gouvernement représentatif du peuple iraquien », ont-ils ajouté.

Les membres du Conseil de sécurité ont également exhorté les autorités à Bagdad et à Erbil, au Kurdistan, de conclure un accord sur les questions en suspens, dont les exportations énergétiques et le partage des revenus conformément aux engagements internationaux de l'Iraq.

De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a noté avec inquiétude que le nombre de civils déplacés par les violences dans la province d'Anbar ne cesse de croître.

Selon les autorités iraquiennes, quelque 434.000 hommes, femmes et enfants ont déjà fui leurs maisons depuis l'escalade des combats en janvier 2014. Cependant, l'ampleur des déplacements générés par ce conflit – qui est peu relayé dans les informations – demeure inconnue. Les autorités iraquiennes ont dû suspendre l'enregistrement le mois dernier en raison de l'insécurité. Selon le HCR, le chiffre actuel est désormais proche de 480.000.

« La nouvelle crise de déplacements de populations en Iraq a commencé en janvier lors de combats entre les forces rebelles et gouvernementales dans l'est d'Anbar. Cette crise a continué avec d'autres vagues de déplacement car les zones de combat se sont déplacées au sein du gouvernorat. Par ailleurs, il y a eu d'autres déplacements le mois dernier, lorsque les combattants ont délibérément détruit un barrage dans le district d'Abou Ghraib à Anbar. La région a été inondée et cela a forcé environ 72.000 Iraquiens à quitter leurs maisons. Les eaux de crue se sont maintenant retirées et les habitants sont de retour dans leurs foyers », a dit un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève.

« Selon nos équipes sur le terrain, de nombreuses personnes déplacées ont du mal à survivre dans ces conditions désespérées. Les déplacés sont répartis à travers l'Iraq. Les plus fortes concentrations de personnes déplacées sont dans les gouvernorats d'Anbar et Salah al-Din, suivis par Erbil, Kirkouk, Sulaymaniyah et Bagdad », a-t-il ajouté.

Le HCR a fourni des trousses de secours d'urgence contenant du savon, des brosses à dents, du dentifrice et d'autres articles à plus de 48.000 personnes ainsi qu'une allocation d'urgence en espèces à 3.000 des personnes les plus vulnérables. Ceci représente toutefois une fraction de ce qui est nécessaire.

« Nous avons besoin de toute urgence d'intensifier notre réponse, ce qui est difficile pour trois raisons. La dégradation de la situation de sécurité à Anbar entrave l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin ; les déplacés sont dispersés à travers une grande partie du pays ; et il n'y aucun soutien de la part des bailleurs de fonds. Un appel de fonds spécial lancé par le HCR en mars pour un montant de 26,4 millions de dollars n'est actuellement financé qu'à hauteur de 12%. Un meilleur financement est essentiel pour aider les personnes déplacées, aujourd'hui et lorsqu'elles rentreront chez elles plus tard », a encore dit le porte-parole du HCR.


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