Libye : l'ONU préoccupée par la violence meurtrière dans l'est du pays

Un homme dans sa maison endommagée par les combats en Libye. Photo: IRIN/Zahra Moloo

6 juin 2014 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est dit vendredi très préoccupé par la violence en Libye qui a fait de nombreux morts et blessés, notamment des gens pas directement impliqués dans les affrontements, dans l'est du pays, en particulier à Benghazi.

« Nous exhortons toutes les parties à un maximum de retenue pour éviter une escalade supplémentaire et entamer un dialogue pacifique. Nous appelons les autorités à renouveler leurs efforts pour répondre à leurs obligations en vertu de des droits de l'homme internationaux », a dit le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'un point de presse à Genève.

Le porte-parole s'est dit également préoccupé par les difficultés rencontrées par les défenseurs des droits de l'homme, les travailleurs humanitaires et les professionnels des médias pour travailler.

« Nous condamnons fermement le meurtre tragique le 4 juin à Syrte de Michael Greub, chef de la sous-délégation du Comité international de la Croix-Rouge à Misrata. Nous appelons les autorités à lancer une enquête rapide, impartiale et indépendante et à s'assurer que les responsables soient traduits en justice », a dit M. Colville.

Il a également déploré la détention d'employés de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) ces dernières semaines.

De son côté, le chef de la MANUL, Tarek Mitri, a annoncé jeudi qu'il allait réunir divers acteurs libyens influents dans la semaine précédant les élections législatives du 25 juin pour des pourparlers sur une déclaration de principes liant toutes les parties.

L'objectif est de discuter des questions qui divisent et tracer la voie vers l'achèvement de la période de transition, a précisé la MANUL dans un communiqué de presse.

Pour sa part, la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a demandé qu'une enquête soit menée sur le meurtre de la journaliste de télévision Naseeb Miloud Karnafa survenu le 29 mai dans la ville de Sabha, en Libye.

« Je condamne le meurtre de Naseeb Miloud Karnafa », a déclaré la Directrice générale. « Cet acte brutal, qui a aussi causé la mort du fiancé de Naseeb Miloud Karnafa, met en lumière la pression intolérable que subissent les professionnels des médias et leurs proches dans un pays qui a besoin d'une information libre et d'un débat ouvert pour se reconstruire et refermer les blessures nées du conflit ».

« Il est essentiel que les autorités traduisent les responsables de ce crime en justice pour protéger le droit inaliénable du peuple à s'exprimer librement et permettre aux journalistes de mener à bien leur mission », a déclaré la Directrice générale.

Naseeb Miloud Karnafa, coordinatrice de programme pour la station de télévision publique Libya Al-Wataniya, a quitté son lieu de travail vers 19h00 en compagnie de son fiancé. Tous deux ont été retrouvés morts le lendemain, la gorge tranchée.

Il s'agit de la cinquième attaque mortelle d'un travailleur des médias en Libye à faire l'objet d'une condamnation par la Directrice générale depuis janvier 2013.


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