Myanmar : un expert de l'ONU appelle à la poursuite du processus de démocratisation

Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Myanmar, Tomas Ojea Quintana. Photo: ONU

2 juin 2014 – Dans son rapport final au terme de son mandat, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Myanmar, Tomás Ojea Quintana, a appelé lundi le gouvernement et le peuple du Myanmar à maintenir la dynamique des avancées réalisées au cours des trois dernières années pour poser les bases de la démocratie.

« Durant les six années de mon mandat de Rapporteur spécial, le Myanmar a entamé une transition historique qui a d'ores et déjà apporté plus de liberté dans le pays et aidé à consolider la paix et qui promet un avenir meilleur en terme de respect des droits de l'homme », a déclaré M. Quintana.

« J'ai toujours souligné l'importance de quatre éléments fondamentaux pour évaluer la transition démocratique au Myanmar, dont l'établissement de l'état de droit et d'institutions judiciaires impartiales et indépendantes, la réforme constitutionnelle et législative, la réforme des forces armées et la libération progressive des prisonniers politiques », a-t-il ajouté.

La libération de plus de 1.100 prisonniers politiques fut une décision du gouvernement que M. Quintana a particulièrement apprécié et pour laquelle il a félicité le Président Thein Sein. L'expert indépendant de l'ONU a cependant précisé qu'il reste préoccupé concernant le sort des 59 personnes au moins qui restent emprisonnées pour leurs opinions politiques.

Malgré l'élargissement notable de l'espace de la liberté d'expression et l'avènement de libertés politiques, M. Quintana a affirmé qu'il reste beaucoup à faire pour assurer que les lois au Myanmar soient conformes aux normes internationales des droits de l'homme.

« Les réformes judiciaires doivent être accompagnées par une meilleure protection des défenseurs des droits de l'homme, ainsi qu'au développement d'un environnement propice pour la société civile, les partis politiques et une presse libre au-delà des limites actuellement en place », a expliqué l'expert.

Quant à la situation dans l'État de Rakhine, M. Quinatana a rappelé que jusqu'à présent personne n'a été tenu responsable pour les attaques contre des travailleurs humanitaires qui ont eu lieu au mois de mars. Malgré le retour progressif des agences humanitaires, la situation reste très difficile, particulièrement pour les communautés musulmanes rohingyas.

« Comme mentionné dans mon dernier rapport au Conseil des droits de l'homme, l'ampleur et la nature systématique des violations des droits de l'homme dans l'État de Rakhine pourrait constituer des crimes contre l'humanité selon la définition du Statut de Rome de la Cour pénale internationale », a-t-il indiqué.

M. Quintana a également exprimé sa préoccupation concernant la situation dans l'État de Kachin où un grand nombre de civils ont été déplacés par la violence. Même si le gouvernement a réalisé des progrès vers la conclusion d'un accord de cessez-le-feu, l'expert a souligné la nécessité de respecter les normes internationales des droits de l'homme et du droit humanitaire.

« J'espère que le travail que j'ai effectué durant mon mandat a aidé à améliorer la situation des droits de l'homme pour la population au Myanmar et pour assurer que les droits de l'homme continuent de faire partie du programme des réformes », a déclaré M. Quintana qui sera remplacé par la Sud-coréenne Yanghee Lee.


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