L'ONU réclame l'arrêt des expulsions de citoyens de la RDC par la République du Congo

Des ressortissants de la RDC expulsés par la République du Congo se sont regroupés au camp de transit de Maluku, près de Kinshasa. Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

27 mai 2014 – Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République démocratique du Congo (RDC), Martin Kobler, et la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura, ont réclamé l'arrêt immédiat des expulsions des ressortissants de la RDC par la République du Congo et ont demandé aux autorités de ce pays d'enquêter sur les allégations de violations des droits de l'homme.

Depuis le 4 avril 2014, plus de 130.000 ressortissants de la RDC ont été expulsés de la République du Congo (Brazzaville). Les expulsions ont créé une crise humanitaire aiguë et il y a des allégations de violations des droits de l'homme. Les Nations Unies ont reçu des informations faisant état d'abus physiques, de mauvais traitement, et de violences sexuelles, a précisé la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) dans un communiqué publié lundi.

Martin Kobler s'est déclaré choqué après sa visite dans le camp de transit de Maluku, situé dans la périphérie de la ville de Kinshasa, où plusieurs milliers des Congolais sont actuellement regroupés.

« J'ai entendu de nombreux témoignages des victimes qui font état de graves violations des droits de l'homme et de traitements cruels. J'ai entendu des récits d'enfants noyés dans le fleuve pendant leurs traversées forcées. J'ai vu un homme blessé par balles et des mères qui ont accouché sans assistance sur la rive du fleuve Congo. Tout cela doit cesser », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général en RDC.

« Nous avons reçu des informations faisant état des violences sexuelles commises avant et pendant les opérations d'expulsions et ceci est inacceptable, » a déclaré Zainab Hawa Bangura.

Les deux responsables onusiens recommandent que les deux pays voisins s'assurent que les autorités administratives et sécuritaires agissent dans le plein respect des principes de bon voisinage et préservent la paix et la sécurité internationale, conformément à la Charte des Nations Unies.

Bien que les conditions de séjour et de résidence dans un pays étranger demeurent la responsabilité souveraine du pays d'accueil, les reconduites à la frontière doivent être effectuées dans le strict respect des principes et règles du droit international. « Les expulsions massives sont contraires aux principes de la Charte africaine relatifs aux droits de l'homme et des peuples, ainsi qu'au droit international au sens le plus large », a rappelé Martin Kobler.


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