Investir dans des emplois de qualité est bénéfique pour la croissance économique, selon l'OIT

Le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder. Photo OIT/J.-P. Pouteau/Fredéric Crozet

27 mai 2014 – Les pays qui ont le plus investi dans la qualité de l'emploi depuis le début des années 2000 ont connu, chaque année depuis 2007, une croissance supérieure de près d'un point de pourcentage à celle des autres économies émergentes ou en développement, indique un nouveau rapport de l'Organisation internationale du travail (OIT).

Le « Rapport sur le travail dans le monde 2014: un développement riche en emplois », qui propose une analyse approfondie pour 140 pays en développement et nations émergentes, montre pour la première fois qu'investir dans des emplois de qualité en réduisant l'emploi vulnérable et en s'attaquant à la pauvreté au travail débouche sur une croissance économique plus forte.

Il constate également qu'investir dans des emplois de haute qualité tend à s'accompagner d'une réduction des inégalités de revenus.

« Le développement ne résulte pas simplement de facteurs comme les exportations, le libre-échange et les investissements directs étrangers », a rappelé Guy Ryder, Directeur général de l'OIT. « La protection sociale, le respect des normes fondamentales du travail et les politiques qui promeuvent l'emploi formel sont aussi cruciaux pour créer des emplois de qualité qui améliorent le niveau de vie, soutiennent la consommation intérieure et stimulent la croissance globale. Offrir des possibilités de travail décent aux hommes et aux femmes contribue à relancer le développement et à réduire la pauvreté. »

Le rapport cite également en exemple le Sénégal où la croissance s'est amplifiée grâce à la priorité accordée à la qualité de l'emploi. Dans ce pays, la proportion de travailleurs salariés est passée d'environ 12% en 1991 à 26% en 2013. La proportion des travailleurs pauvres a reculé de 34% au cours de la même période tandis que la productivité augmentait de 0,5% par an en moyenne.

Le Pérou est un autre exemple de pays où la proportion de travailleurs salariés a augmenté de 15%, passant de 34 à 49% entre 1991 et 2013. Pendant cette période, la productivité a en moyenne augmenté de 1,8% par an et la proportion des travailleurs pauvres a chuté de 23%.

Au Viet Nam, la proportion de travailleurs salariés a grimpé de 22%, une hausse qui s'accompagne d'un recul massif de la pauvreté au travail. La proportion des travailleurs pauvres a connu une chute spectaculaire, ne représentant en 2013 qu'un tiers du niveau de 1991, et la productivité a augmenté rapidement.

« Améliorer la qualité de l'emploi est primordial pour remédier au sous-emploi des jeunes comme des adultes qui constitue un problème économique majeur dans de nombreuses économies émergentes et pays en développement », a expliqué Raymond Torres, Directeur du Département de la recherche de l'OIT. « Au vu de ce constat, il est fondamental de faire du travail décent un objectif central du programme de développement pour l'après-2015. Au cours des dix prochaines années, les pays en développement devront aussi créer environ 40 millions de nouveaux emplois chaque année pour faire face à une population en âge de travailler toujours plus nombreuse. »


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