Le HCR estime que l'aide aux réfugiés centrafricains est insuffisante au Cameroun

Des enfants centrafricains malnutris dans un hôpital à Batouri, au Cameroun. Photo HCR/F. Noy

23 mai 2014 – Au Cameroun, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et ses partenaires continuent de travailler sans relâche pour venir en aide aux réfugiés centrafricains en nombre croissant. Parmi les nouveaux arrivants, beaucoup souffrent de malnutrition et de maladies, après avoir marché et s'être cachés dans la brousse pendant des semaines avant de passer la frontière.

« Depuis la mi-avril, le nombre de décès parmi les enfants réfugiés est particulièrement élevé. La plupart ont perdu la vie dans des centres de nutrition thérapeutique, où ils étaient arrivés déjà gravement malades. La déshydratation, l'hypothermie et une sévère anémie étaient les principales causes de décès », a expliqué vendredi un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève.

Selon lui, les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun depuis le 5 décembre, via environ 30 points de passage frontière dans quelque 300 villages. Du fait de cette dispersion, il est extrêmement difficile pour les agences humanitaires de répondre à leurs besoins.

« Nous transférons les réfugiés vers des localités plus éloignées de la frontière dans six sites que nous avons ouverts, ainsi que dans plusieurs villages. Plus de 25.000 réfugiés ont déjà été transférés. Ce transfert est d'autant plus pressant après des informations faisant état d'infiltrations de combattants anti-balaka au Cameroun », a expliqué M. Edwards.

A présent, plus de 2.000 réfugiés traversent la frontière vers le Cameroun chaque semaine. C'est une baisse par rapport au pic récemment enregistré de plus de 10.000 arrivants durant la dernière semaine de mars. Les arrivées ont ralenti début avril après que des miliciens anti-balaka, ayant attaqué des réfugiés sur la route, ont bloqué les routes principales menant au Cameroun.

Le HCR a établi trois nouvelles bases dans l'est du Cameroun pour mieux venir en aide aux réfugiés arrivés de ce côté de la frontière.

« Nous accélérons le déploiement de davantage d'ONG dans des domaines essentiels comme la santé et la nutrition. Actuellement, il est inquiétant de constater la capacité très limitée des ONG dans les régions accueillant des réfugiés. Plusieurs agences ont fait part des difficultés pour couvrir l'étendue des besoins », a dit le porte-parole du HCR.

Le HCR travaille avec le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et cinq agences d'aide médicale pour réduire les taux de malnutrition et les décès.

« Davantage de financement est nécessaire pour étendre les services et mieux gérer la situation. Le HCR réitère son appel aux donateurs pour augmenter le financement des opérations humanitaires au Cameroun », a dit M. Edwards.

De son côté, la Directrice d'ONU-Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, doit se rendre samedi à Bangui, la capital centrafricaine, dans le cadre d'une visite conjointe de l'Union africaine, des Nations Unies et de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) sur la situation des femmes dans ce pays.

La mission conjointe doit rencontrer les autorités de transition, des organisations intergouvernementales et des ONG, des chefs religieux et des acteurs de la société civile.


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