Année décisive pour la paix et la stabilité en Somalie, selon l'envoyé de l'ONU

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, Nicholas Kay. Photo ONU/Eskinder Debebe

22 mai 2014 – Lors d'une réunion jeudi au Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour ce pays, Nicholas Kay, a estimé que 2014 serait une année charnière pour la Somalie, avec notamment le projet de révision de la Constitution et la préparation des élections.

Dans un exposé par vidéoconférence, M. Kay a signalé les progrès récemment accomplis par la Somalie et a souhaité que le pays bénéficie du soutien nécessaire afin d'éviter qu'il ne sombre à nouveau dans la crise. Concernant la situation économique, il a noté des signes de croissance et s'est réjoui que le budget ait doublé par rapport à celui de l'an dernier.

Des progrès ont été également enregistrés dans le domaine de la sécurité, a poursuivi M. Kay, en soulignant que la nouvelle stratégie intergouvernementale et un travail plus étroit avec la Mission des Nations Unies commençaient à porter leurs fruits. Il a toutefois reconnu qu'il était prématuré de dire que le terrorisme n'existe plus à Mogadiscio.

« Des progrès notables, même s'ils sont encore trop lents, ont été accomplis sur la voie de l'édification de l'État », a assuré le Représentant spécial. « Le Gouvernement fédéral somalien a l'intention de finaliser un projet dans ce domaine, de réviser la Constitution et d'organiser des élections en 2016. Il faudrait en priorité mettre en place des administrations régionales intérimaires avant la fin de l'année ».

Par ailleurs, Nicholas Kay a plaidé en faveur de systèmes judiciaire, pénitentiaire et de police efficaces pour instaurer l'état de droit et, en particulier, juger les auteurs de crimes associés au groupe Al-Chabab. Il a regretté que la violence sexiste reste très courante en Somalie.

Si l'année 2014 peut être une année charnière pour la Somalie, M. Kay a émis la crainte que le pays n'entre dans une phase critique, notamment sur le plan politique. Il a assuré qu'il continuerait à rechercher des solutions avec les acteurs politiques. Il est essentiel, a-t-il dit, de progresser vers la sécurité et la stabilisation des zones dont le contrôle a été repris.

Tout en regrettant l'absence d'hélicoptères militaires pour la Mission de l'Union Africaine (AMISOM), M. Kay a encouragé à soutenir le renforcement de l'armée nationale en tant que priorité stratégique.

Pour sa part, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration sur la gestion des armes et des munitions en Somalie, demandant au Gouvernement fédéral somalien de faire des progrès importants dans ce domaine, avec le soutien de la communauté internationale, la Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM), l'ONU et l'Union africaine pour consolider la paix et la stabilité dans le pays et l'ensemble de la région.


News Tracker: autres dépêches sur la question

L'ONU réclame de l'argent pour une Somalie de nouveau au bord de la crise

En savoir plus