Syrie : Pillay dénonce les conditions effroyables dans lesquelles vit la population d'Alep

Des travailleurs humanitaires du HCR à Alep, en avril 2014. Photo: HCR/B.Diab

21 mai 2014 – La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a condamné mercredi les graves violations des droits de l'homme et du droit humanitaire commises par le gouvernement syrien et par les groupes armés d'opposition dans le gouvernorat d'Alep, dans le nord de la Syrie.

« Les habitants d'Alep vivent depuis plus de six mois dans des conditions effroyables avec des bombardements aériens et des pilonnages, notamment avec des barils de pétrole remplis d'explosifs », a dit Mme Pillay dans un communiqué de presse.

« À ces difficultés énormes s'ajoutent le fait que les infrastructures de base dans ces communautés, dont l'approvisionnement en eau potable, ont été fortement endommagées. Les pénuries d'eau dans certains quartiers d'Alep continuent de menacer la santé des dizaines de milliers d'habitants, y compris dans la vieille ville, où les résidents n'auraient pas accès à l'eau potable depuis cinq mois », a-t-elle ajouté.

Selon les informations recueillies par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), le système de distribution d'eau potable à Alep aurait été réparé des dizaines de fois au cours du seul mois d'avril, mais chaque fois il a été endommagé par des bombardements aériens et des pilonnages. Certains quartiers sont restés coupés du réseau puisque les réparations n'ont pas pu être réalisées, soit à cause du manque de matériel, soit parce que les débris rendent l'accès impossible.

Des récents rapports indiquent que le groupe islamiste d'opposition, Jabhat al-Nusra, a délibérément coupé l'approvisionnement en eau pendant plusieurs jours, privant les habitants d'eau potable et d'assainissement.

Mme Pillay a rappelé que le droit humanitaire international interdit la destruction d'infrastructures qui sont indispensables pour la survie de la population civile. Le droit à l'accès à l'eau potable et à l'assainissement est un droit fondamental qui est essentiel au droit à la vie et à d'autres droits humains.

« Le droit humanitaire oblige les parties prenantes à un conflit de distinguer entre les civils, les infrastructures civiles et les objectifs militaires », a souligné la Haut-Commissaire. « J'exhorte les parties prenantes à cesser immédiatement les attaques sans distinctions contre des civils ».

Les combats à Alep ont également eu des effets dévastateurs sur les prisonniers et personnes détenues dans la prison centrale de la ville, qui sont privés d'alimentation suffisante et de soins médicaux.

Des centaines de prisonniers et de détenus sont morts à cause du manque de nourriture et de fournitures médicales et à cause des combats qui ont lieu dans la zone. Selon le HCDH, des centaines de prisonniers restent enfermés bien qu'ils aient purgé leurs peines.

La Haut-Commissaire a appelé les parties prenantes à lever le siège de la prison et à permettre un accès sans entraves aux travailleurs humanitaires. Elle a également demandé la libération immédiate des prisonniers qui ont purgé leurs peines et de ceux qui sont détenus de façon arbitraire.


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