Bosnie : le Haut-Représentant dénonce le comportement d'une partie de la classe politique

Le Haut Représentant des Nations Unies pour la Bosnie-Herzégovine, Valentin Inzko (à droite), au Conseil de sécurité. Photo ONU

15 mai 2014 – Le Haut-Représentant pour la Bosnie-Herzégovine, Valentin Inzko, a dénoncé jeudi devant les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies le comportement d'un certain nombre de dirigeants de ce pays qui placent, selon lui, leurs intérêts avant ceux du pays.

« Les mêmes erreurs se répètent –placer les intérêts d'une classe politique privilégiée avant ceux du pays et de ses citoyens– et continuent d'être commises », a-t-il déploré. « Je le dis parce que le statu quo et la manière de faire de la politique en Bosnie-Herzégovine ne profite qu'à une petite élite, ceux qui sont au pouvoir ou en sont proches. »

Selon le Haut-Représentant, l'absence d'urgence pour parvenir à des compromis raisonnables dans l'intérêt d'une majorité écrasante devient de plus en plus difficile à comprendre et à défendre.

Les progrès vers l'intégration euro-atlantique sont au point mort, en dépit des efforts déployés par l'Union européenne et l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). « La raison réside dans l'absence d'un accord par les dirigeants politiques d'exécuter l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme concernant l'affaire Sejdic-Finci, censé ouvrir la voie à la demande d'adhésion de la Bosnie-Herzégovine à l'Union européenne et démontrer l'égalité de tous les citoyens devant la loi », a souligné M. Inzko.

De même, aucun progrès concret n'a été enregistré au sujet du règlement de la question des biens militaires, étape nécessaire à la mise en œuvre du plan d'action devant déboucher sur l'adhésion du pays à l'OTAN.

Par ailleurs, en dépit d'une hausse notable des exportations, la situation économique dans son ensemble demeure difficile au sein des entités, tandis que le taux de chômage atteint au niveau national 44,5%.

Selon M. Inzko, les responsables politiques de la Republika Srpska ont cherché à exploiter les évènements en Ukraine afin de promouvoir leurs objectifs séparatistes, en appelant de manière répétée à la fin de la Bosnie-Herzégovine et à l'organisation d'un référendum sur la sécession. Il a rappelé que l'Accord-cadre général pour la paix ne prévoyait pas le droit des entités de faire sécession.

Dans ce contexte, les motifs de satisfaction sont peu nombreux, a déploré M. Inzko. Le Parlement a finalement réussi à adopter un amendement technique permettant la tenue des élections en octobre 2014, ainsi qu'une nouvelle loi sur la passation des marchés publics, conforme aux normes en vigueur au sein de l'Union européenne. Il a aussi noté des progrès significatifs pour la mise en place de la Cour constitutionnelle de la Fédération et pour garantir le fonctionnement plein et entier de la société publique de distribution électrique. « La visite, il y a deux jours à Sarajevo, du Premier Ministre serbe est un autre pas en direction de la réconciliation », a reconnu M. Inzko.

Le Haut-Représentant s'est toutefois dit préoccupé par les risques de voir le pays « sombrer dans le cercle vicieux de ressentiments politiques dont il serait difficile d'émerger », une tendance à l'œuvre depuis le rejet, en avril 2006, d'une série d'amendements constitutionnels.


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