Burundi : la situation politique reste tendue, selon l'envoyé de l'ONU

Le Représentant spécial des Nations Unies pour le Burundi, Parfait Onanga-Anyanga. Photo: BINUB

14 mai 2014 – A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité sur la situation au Burundi, le Représentant du Secrétaire général dans ce pays, Parfait Onanga-Anyanga, a souligné que la situation politique restait tendue et a encouragé le gouvernement à promouvoir le dialogue et la tolérance.

« La méfiance et l'absence d'un dialogue constructif et inclusif ne facilite guère les choses », a dit M. Onanga-Anyanga dans un exposé devant les membres du Conseil. « L'espace politique demeure restreint. Le gouvernement insiste sur la nécessité de respecter les lois en vigueur, tandis que l'opposition, des associations de la société civile et des médias dénoncent des lois répressives. »

« Un tel contexte n'est souvent pas propice au respect et à la protection optimale des droits de l'homme », a-t-il ajouté.

Avec l'approche de la période électorale, « on note une propension à la violence politique et à la confrontation entre les jeunes affiliés aux partis politiques », a encore dit le Représentant spécial. « Ce phénomène est particulièrement préoccupant car il touche aussi des jeunes zélés du parti au pouvoir. J'encourage le gouvernement à persévérer dans ses efforts visant à combattre de tels agissements. »

Le Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB) a recommandé aux autorités d'intensifier les initiatives visant à promouvoir une meilleure gouvernance politique par le dialogue et la tolérance, tout en mettant fin à l'impunité. « Mais, il est aussi urgent de poursuivre les efforts en vue de réduire drastiquement le risque sécuritaire posé par la circulation illicite des armes », a dit M. Onanga-Anyanga.

Selon lui, la méfiance qui divise la classe politique burundaise s'est encore manifestée lors des négociations et de l'adoption en avril de la loi établissant la Commission vérité et réconciliation. « Il est regrettable que l'adoption de cette importante loi visant la mise en place des mécanismes de justice de transition n'ait pas permis de s'affranchir des clivages partisans », a-t-il dit.

Le Représentant spécial s'est toutefois dit confiant dans la capacité des acteurs politiques burundais de surmonter leurs divergences. Selon lui, l'adoption le 25 avril dernier du nouveau Code électoral est un pas dans la bonne direction.

« Tous les acteurs devraient s'attacher à préserver l'esprit de consensus qui a prévalu lors de l'adoption du Code électoral pour restaurer la confiance mutuelle, améliorer le climat politique et créer les conditions idoines pour des élections libres, transparentes, inclusives et paisibles en 2015 », a-t-il ajouté.

Sur le plan socio-économique, M. Onanga-Anyanga a noté qu'un important processus de réforme est en cours pour assainir le milieu des affaires et promouvoir les investissements privés indispensables au développement.


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