L'OIT salue les progrès en matière de protection de la maternité au travail

Une mère et son enfant dans une maternité au Sénégal. Photo Banque mondiale/Arne Hoel

13 mai 2014 – Depuis 1919, date à laquelle l'Organisation internationale du Travail (OIT) a adopté la première convention sur la protection de la maternité au travail, la plupart des pays ont introduit des dispositions en la matière. Cependant, au moins 830 millions de travailleuses n'ont toujours pas de protection adéquate, indique l'OIT dans un rapport publié mardi.

Sur 185 pays et territoires, 66 se sont engagés à soutenir au moins l'une des trois conventions sur la protection de la maternité adoptées en 1919, 1952 et 2000. Ces conventions stipulent la prévention de l'exposition aux risques pour la sécurité et la santé durant la grossesse et l'allaitement, le droit au congé de maternité payé, la santé maternelle et infantile et l'octroi de pauses d'allaitement, la protection contre la discrimination et le licenciement eu égard à la maternité, ainsi que la garantie du droit de réintégrer son poste à l'issue du congé de maternité.

« Si nos conclusions montrent que de nombreux pays ont inscrit dans leur législation les principes de protection de la maternité et de soutien aux travailleurs ayant des responsabilités familiales, dans la pratique, l'absence de protection demeure l'un des enjeux majeurs de la maternité et de la paternité au travail aujourd'hui », explique la spécialiste de la protection de la maternité et de l'équilibre entre vie professionnelle et vie familiale au Service des questions de genre, de l'égalité et de la diversité de l'OIT, Laura Addati, dans un communiqué de presse.

En matière de sécurité et de santé, 111 pays disposent d'une législation sur les travaux dangereux ou insalubres affectant les femmes enceintes ou qui allaitent, et 78 d'entre eux interdisent explicitement ce type de travaux.

En ce qui concerne le congé de maternité, aucun pays n'en a réduit la durée depuis 1994, et l'on observe une évolution progressive vers un congé d'une durée minimale de 14 semaines, ce qui est la norme préconisée par l'OIT.

Sur les 185 pays et territoires, seulement trois n'énoncent pas d'obligation légale de verser des prestations en espèces durant le congé maternité et, aujourd'hui, plus de 100 pays financent ces prestations par le biais de la sécurité sociale, ce qui réduit les cotisations versées par les employeurs. Pour ce qui est de la protection contre la discrimination, seuls 20 pays sur 165 n'interdisent pas explicitement la discrimination durant la grossesse et le congé de maternité.

« S'il y a eu globalement des progrès, la discrimination au regard de la maternité persiste dans tous les pays, indique le rapport. A l'échelon mondial, la plupart des femmes, environ 830 millions de femmes qui travaillent, continuent de ne pas bénéficier d'une protection de la maternité adéquate en termes de congé et de garantie de revenu durant la période qui entoure la naissance », a affirmé l'OIT.


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