L'ONU s'inquiète de l'impact des crises en Centrafrique et au Soudan du Sud sur la lutte contre la LRA

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique centrale, Abou Moussa, devant le Conseil de sécurité. Photo ONU/Paulo Filgueiras

12 mai 2014 – Le Conseil de sécurité des Nations Unies s'est inquiété lundi de la détérioration de la sécurité dans certaines parties d'Afrique centrale, notamment en République centrafricaine, et de son impact sur la lutte contre les rebelles de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA).

Dans une déclaration du Président du Conseil de sécurité, le Conseil déclare être « préoccupé par le fait que l'instabilité et le vide sécuritaire en République centrafricaine continuent de nuire aux opérations de lutte contre la LRA. » Il craint également que « la LRA n'exploite les faiblesses de sécurité pouvant résulter de l'aggravation de l'instabilité au Soudan du Sud. »

Lors d'un exposé devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire pour l'Afrique centrale, Abou Moussa, a noté que « l'explosion des violences communautaires en République centrafricaine depuis décembre 2013 a eu un impact régional considérable, compte tenu des conséquences graves de la crise sur les plans sécuritaire, économique et humanitaire pour les pays voisins. »

M. Moussa a également noté que « les violences déclenchées au Soudan du Sud depuis décembre 2013 mettent en péril la mise en oeuvre de l'Initiative de coopération régionale de l'Union africaine pour l'élimination de la LRA. » La crise au Soudan du Sud a en effet conduit les gouvernements de l'Ouganda et du Soudan du Sud à retirer une partie de leurs troupes de la Force régionale d'intervention de l'Union africaine chargée de lutter contre la LRA.

Le Conseil note toutefois avec satisfaction le net recul du nombre, de l'intensité et de la violence des attaques, meurtres et enlèvements perpétrés par la LRA et que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) a revu fortement à la baisse son estimation du nombre de personnes déplacées par la menace que représente la LRA, de 420.000 en mars 2013 à 160.000 en mars 2014.

Dans sa déclaration, le Conseil exige de la LRA qu'elle mette immédiatement fin à toutes ses attaques. Il encourage la Force régionale d'intervention de l'Union africaine à poursuivre ses opérations contre tous les groupes de la LRA.

Le Conseil de sécurité rappelle que les mandats d'arrêt décernés par la Cour pénale internationale (CPI) contre les chefs de la LRA, dont Joseph Kony, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, n'ont pas encore été exécutés, et appelle tous les Etats à coopérer avec les autorités nationales compétentes et la Cour afin de mettre ces mandats à exécution et de traduire les responsables en justice.

Abou Moussa a souligné que le groupe Boko Haram, basé au Nigéria, était un autre sujet de préoccupation pour l'Afrique centrale. « Le groupe islamiste continue de profiter de la porosité des frontières entre le nord-est du Nigéria et les Etats voisins, et la récente intensification de ses activités violentes ont de graves conséquences sécuritaires et humanitaires pour le Cameroun et le Tchad », a-t-il dit.

Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité s'est dit préoccupé par « l'extension des activités terroristes de Boko Haram aux pays de la sous-région. » Il s'est dit aussi inquiet de l'insécurité maritime dans le golfe de Guinée, le commerce illicite d'espèces sauvages et la criminalité transnationale organisée.


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