Soudan du Sud : un tiers de la population victime d'une grave insécurité alimentaire – FAO

Des enfants déplacés dans l’Etat de Jonglei, au Soudan du Sud. Photo UNICEF/Kate Holt

12 mai 2014 – La sécurité alimentaire au Soudan du Sud s'est détériorée à un rythme alarmant à cause des affrontements, des déplacements de population, des marchés détruits et des moyens d'existence anéantis et il est probable que cette situation s'aggrave davantage encore au cours de la deuxième moitié de 2014, selon la dernière évaluation publiée lundi par l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

« Un tiers de la population du Soudan du Sud souffre d'une grave insécurité alimentaire. Certaines régions courent un risque élevé de famine au cours des prochains mois », a affirmé la FAO dans un communiqué de presse.

Cette évaluation se base sur l'analyse d'informations complexes sur l'alimentation et la nutrition collectées par une coalition composée de multiples partenariats d'experts rassemblant des gouvernements, la FAO, le Programme alimentaire mondial (PAM), d'autres organismes des Nations Unies, des ONG et des universités.

L'analyse constate une hausse alarmante du nombre de personnes en phase d'urgence, en particulier dans les trois États les plus touchés par les affrontements dont l'Unity, le Haut-Nil et le Jonglei.

Avant le début des violences mi-décembre entre les forces gouvernementales et les rebelles, aucune population du Soudan du Sud n'avait été confrontée à ces niveaux d'insécurité alimentaire. Aujourd'hui, près de 1,3 million de personnes sur 11,5 millions sont concernées. En outre, 2,4 millions de personnes sont considérées en phase de crise, ce qui signifie que plus d'un tiers de la population totale sud-soudanaise est victime de niveaux exceptionnels d'insécurité alimentaire.

« Ces statistiques techniques confirment la situation de faim généralisée et la malnutrition croissante, ce qui a pour conséquence de graves risques de maladies, de pertes de moyens de subsistance et, disons-le franchement, de décès », a affirmé le chef du Bureau FAO au Soudan du Sud, Sue Lautze.

« Même s'il s'agit de la plus grave crise qu'ait connue le Soudan du Sud au cours des 15 dernières années, les experts de l'IPC ont conclu que le pays n'est pas confronté à une famine, ce qui signifie qu'il existe une petite fenêtre d'opportunité pour empêcher cette crise dramatique de se transformer en catastrophe. Le seul moyen efficace de conjurer la famine serait l'arrêt des conflits », a-t-elle ajouté.

A mesure que des nombres croissants d'individus sont touchés par une grave insécurité alimentaire, la crise s'étend à l'échelle géographique. Elle se propage vers l'ouest, vers des régions qui avaient été moins touchées en début d'année.

Cette tendance est appelée à se poursuivre si les agriculteurs ne peuvent pas semer leurs champs, les pêcheurs accéder aux cours d'eau, et les éleveurs se déplacer entre les zones de pâturage. Même les communautés jusqu'ici en situation de sécurité alimentaire ressentent désormais les effets des conflits, notamment à cause de la charge que représente l'hébergement des personnes déplacées à l'intérieur du pays.


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