Pakistan : l'ONU condamne le meurtre d'un avocat défenseur des droits de l'homme

Le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), Rupert Colville. Photo: HCDH

9 mai 2014 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a condamné vendredi le meurtre de l'avocat pakistanais et défenseur des droits de l'homme Rashid Khan Rehman et exprimé sa préoccupation concernant les tentatives d'intimidation et les menaces dont sont victimes les journalistes et défenseurs des droits de l'homme au Pakistan.

« M. Rehman, qui travaillait depuis plus de 20 ans au sein de la Commission des droits de l'homme du Pakistan, avait reçu de nombreuses menaces de mort dans le cadre de sa défense d'un professeur d'université qui était accusé d'avoir enfreint la loi contre le blasphème », a expliqué le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, dans un communiqué de presse.

« Le mois dernier, la Commission des droits de l'homme du Pakistan avait demandé au gouvernement de mener une enquête sur la provenance des menaces contre M. Rehman et de prendre des mesures pour assurer sa sécurité. Malheureusement, M. Rehman a été abattu dans son bureau mercredi dans la ville de Multan, dans la province du Punjab », a-t-il ajouté.

Lors de sa mission au Pakistan en juin 2012, la Haut-Commissaire Navi Pillay avait déjà exprimé sa préoccupation concernant le grand nombre de journalistes, de défenseurs des droits de l'homme et de fonctionnaires qui reçoivent des menaces de mort pour avoir exprimé leur opposition aux lois contre le blasphème. Elle avait également exhorté le gouvernement à prendre des mesures pour assurer leur sécurité et pour leur permettre de faire leur travail.

« Nous condamnons l'assassinat de M. Rehman et nous exhortons le gouvernement à mener promptement une enquête et traduire en justice les auteurs du crime. Les autorités pakistanaises ont la responsabilité d'assurer que les journalistes, défenseurs des droits de l'homme et avocats puissent faire leur travail sans craindre le harcèlement, l'intimidation et la violence », a souligné le porte-parole.

« Le Pakistan se targue d'avoir des médias libres et dynamiques, mais il y a également eu un nombre alarmant d'attaques et de menaces contre des présentateurs de télé et de journalistes au cours des derniers mois, particulièrement lorsqu'ils expriment des opinions critiques à l'égard de l'armée ou des institutions de sécurité », a-t-il ajouté.

Lors du dernier examen périodique universel du Conseil des droits de l'homme en octobre 2012, le gouvernement du Pakistan avait accepté les recommandations de redoubler d'efforts pour lutter contre les attaques contre les journalistes et défenseurs des droits de l'homme, de mener des enquêtes sur tout incident et de poursuivre en justice les auteurs de tels crimes.


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