Soudan du Sud : la MINUSS pense que des crimes contre l'humanité auraient été commis

Un volontaire dans la ville sud-soudanaise de Bor arrange les cadavres de victimes des affrontements entre forces gouvernementales et rebelles. Photo Hannah McNeish/IRIN

8 mai 2014 – Dans un rapport publié jeudi sur les violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international au Soudan du Sud, la Mission des Nations Unies dans ce pays (MINUSS) pense que des crimes contre l'humanité auraient été commis par les parties en conflit depuis le 15 décembre 2013.

Le rapport montre notamment comment le conflit a eu un impact négatif considérable sur la situation des droits de l'homme dans le pays. Il se base sur des enquêtes menées par la mission onusienne et montre que toutes les parties prenantes au conflit ont commis des violations graves, telles que des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des viols et autres formes de violence sexuelle, des arrestations et détentions arbitraires et des attaques ciblées contre des civils et des membres du personnel des Nations Unies.

« En raison du caractère systématique d'une grande partie de ces attaques, et d'informations faisant état d'efforts de coordination et de planification dans certains cas, il est justifié de penser que des crimes contre l'humanité auraient été commis », a affirmé la MINUSS dans un communiqué de presse.

Ces conclusions ouvrent la voie à des investigations plus approfondies, et la MINUSS s'est félicitée de la prise d'initiatives nationales et régionales pour mener des enquêtes. La mission onusienne a souligné que ces enquêtes doivent être indépendantes, transparentes et menées au plus vite et aboutir à des arrestations et des poursuites judiciaires contre les personnes responsables de violations.

« La responsabilisation est indispensable pour mettre fin à la tradition d'impunité au Soudan du Sud et pour empêcher que des atrocités similaires soient commises à l'avenir. Il ne peut pas y avoir de réconciliation sans attribution des responsabilités », a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU au Soudan du Sud, Hilde Johnson.

« Nous appelons au lancement d'un processus de paix crédible qui peut mener à la réconciliation nationale », a-t-elle souligné en ajoutant que la MINUSS continuerait de mener des enquêtes sur toutes les éventuelles violations des droits de l'homme à venir.

A New York, le Conseil de sécurité a tenu des consultations à huis-clos jeudi après-midi sur la situation au Soudan du Sud. Les membres du Conseil ont entendu des exposés par le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, et par la chef de la MINUSS, Hilde Johnson, par vidéoconférence.


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