RDC : l'ONU déçue par l'arrêt pris par une cour militaire sur les viols à Minova

Déplacées par des combats, ces Congolaises patientent pour obtenir des bons d’achats alimentaires dans le village de Minova, situé dans l’est de la RDC. Photo: PAM/Martin Penner

6 mai 2014 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est dit déçu mardi par l'arrêt prononcé la veille par la Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu à l'encontre de 39 militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), accusés notamment de viols commis à Minova en novembre 2012.

La Cour a condamné 25 militaires des FARDC, dont deux pour viol, un pour meurtre et vingt-deux pour pillage et désobéissance. Treize officiers inculpés ont été acquittés. La Cour a indiqué ne pas être en mesure de juger un autre accusé.

« Par ce jugement, le pouvoir judiciaire ne répond pas aux attentes des nombreuses victimes de viol qui ont pleinement participé à ce procès. Le résultat du procès confirme les lacunes dans l'administration de la justice en RDC, comme l'indique le rapport sur les progrès et les obstacles dans la lutte contre l'impunité pour les violences sexuelles dans le pays publié le 9 avril 2014 par le Bureau conjoint des droits de l'homme des Nations Unies en RDC », a dit le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'un point de presse à Genève.

M. Colville a rappelé que « les crimes perpétrés à Minova et ses environs en novembre 2012 étaient extrêmement graves et généralisés. » « Le 8 mai 2013, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et la MONUSCO ont publié un rapport sur les viols massifs et autres violations des droits humains commis à Minova et les régions avoisinantes en novembre 2012. Le rapport documente 135 cas de violences sexuelles perpétrées par des éléments des FARDC dans et autour de la ville de Minova alors que ces unités se retiraient de la ligne de front », a-t-il souligné.

De son côté, la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) a pris note de l'arrêt prononcé à Goma.

« Rappelant l'ampleur et la gravité des crimes commis à Minova en 2012, dont de nombreux viols, la MONUSCO reconnait les efforts engagés pour mener le procès à son terme et analysera avec attention les motivations de cet arrêt », a souligné la Mission dans un communiqué de presse.

« Conformément à la procédure en vigueur devant la Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu cet arrêt a été rendu en premier et dernier ressort. Or les standards internationaux et la Constitution de la République démocratique du Congo garantissent le droit d'interjeter appel », a ajouté la MONUSCO.


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