Infections nosocomiales : l'OMS invite les personnels de santé à respecter l'hygiène des mains

Un panneau de signalisation à l’Institut de cancérologie d’Ocen Road, à Dar es Salaam, en Tanzanie, qui indique les différents services de ce centre hospitalier. Photo: OMS/Chris de Bode

5 mai 2014 – À l'occasion de la Journée de l'hygiène des mains, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) invite instamment les personnels de santé à bien respecter les règles d'hygiène des mains pour soigner les patients, afin de les protéger contre le risque de contracter des infections dans leurs établissements.

Les résultats initiaux d'une enquête mondiale de l'OMS confirment que ces infections sont souvent résistantes aux antibiotiques utilisés pour les traiter.

Les infections associées aux soins de santé (nosocomiales) surviennent en général par transfert des germes présents sur les mains d'un agent de santé lorsqu'il touche le patient. Sur 100 patients hospitalisés, au moins 7 dans les pays à revenu élevé et 10 dans les pays à revenu faible ou intermédiaire vont contracter une infection nosocomiale, souligne l'OMS dans un communiqué de presse.

Chez les patients vulnérables dans un état critique et dans les unités de soins intensifs, la proportion peut atteindre 30%. Chaque année, des centaines de millions de patients dans le monde sont affectés par ces infections, dont une grande partie est causée par des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens.

Lorsque les patients sont infectés par des germes ne répondant pas bien aux antibiotiques prescrits, les issues cliniques sont en général plus mauvaises, le coût du traitement plus élevé et le risque de mortalité aggravé.

La semaine dernière, l'OMS a publié un rapport sur la résistance aux antimicrobiens faisant état de taux élevés chez les bactéries responsables des infections les plus courantes (par exemple les infections des voies urinaires, les infections postopératoires, les pneumonies et les infections du sang) dans toutes les régions du monde.

Les résultats initiaux de l'enquête mondiale confirment la grande fréquence des résistances chez les bactéries isolées dans les établissements de santé; par exemple pour un germe aux effets dévastateurs, le staphylocoque doré, résistant à la méthycilline (MRSA), elle peut atteindre respectivement 44%, 40% et 38% en moyenne en Amérique latine, dans les pays d'Afrique de l'Ouest et en Europe.

« Il y a des preuves scientifiques manifestes que l'hygiène des mains de la part des agents de santé contribue à réduire la fréquence des infections nosocomiales provoquées par des germes résistants, en particulier le MRSA », indique le Professeur Benedetta Allegranzi, responsable technique du programme OMS « Un soin propre est un soin plus sûr » et des activités prévues pour la Journée de l'hygiène des mains.

Les agents de santé peuvent jouer un rôle crucial pour protéger les patients contre des infections difficiles à traiter en respectant les règles d'hygiène pour les 5 indications essentielles (ou moments), de préférence en utilisant une solution hydroalcoolique ou en se lavant les mains à l'eau et au savon, si elles sont visiblement souillées. Ces cinq indications sont les suivantes: avant le contact avec un patient; avant le geste aseptique (par exemple l'insertion de dispositifs comme des cathéters); après le risque d'exposition à un liquide biologique; après le contact avec un patient; après le contact avec l'environnement du patient.

L'utilisation de solutions hydroalcooliques pour se frotter les mains est un facteur clé pour obtenir des améliorations, car elles sont d'un emploi rapide sur le lieu des soins lorsque l'hygiène des mains est nécessaire pour garantir la sécurité du patient et elles sont plus efficaces contre les germes que l'eau et le savon.

« Bien qu'il soit crucial de mettre au point de nouveaux antibiotiques pour élargir la gamme des options thérapeutiques, le renforcement de l'hygiène des mains et d'autres bonnes pratiques de lutte contre les infections peuvent potentiellement mettre un coup d'arrêt à la résistance aux antimicrobiens. La prévention de la propagation et de la transmission des germes permet d'éviter les infections, les contraintes thérapeutiques qui vont de pair et les souffrances des patients », explique le Dr Edward Kelley, Directeur de Prestations de services et sécurité à l'OMS.


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