Soudan du Sud : l'ONU appelle les pays contributeurs à fournir les casques bleus promis

Des casques bleus au Soudan du Sud gardent l’entrée de leur base à Juba. Photo MINUSS/Isaac Billy

2 mai 2014 – A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité vendredi sur la situation au Soudan du Sud, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exhorté le Conseil à s'assurer que la Mission des Nations Unies dans ce pays (MINUSS) dispose des effectifs dont elle a besoin.

« En décembre, ce Conseil a décidé que le nombre de casques bleus de la MINUSS allait passer de 7.700 à 13.200. Cependant, les pays contributeurs de troupes n'ont pas encore fourni environ deux tiers des troupes supplémentaires », a dit Mme Pillay dans un discours devant le Conseil.

Ces casques bleus supplémentaires « sont absolument nécessaires », a-t-elle insisté. « Je vous fait confiance pour faire tout votre possible pour vous assurer que la MINUSS puisse compter sur un effectif complet de casques bleus, ainsi que sur un budget approprié », a-t-elle ajouté.

« Le plus jeune pays du monde a une longue histoire de souffrances. Son peuple se tourne vers ce Conseil pour qu'il exerce son autorité afin de garantir une solution politique rapide à cet horrible conflit », a encore dit Mme Pillay.

La Haut-Commissaire aux droits de l'homme s'est rendue en début de semaine au Soudan du Sud pour évaluer la situation des droits de l'homme dans ce pays après des massacres à Bentiu et à Bor. Elle était accompagnée du Conseiller spécial des Nations Unies sur la prévention du génocide, Adama Dieng.

Lors d'une conférence de presse mercredi dans la capitale sud-soudanaise Juba, Mme Pillay avait dénoncé l'attitude des dirigeants sud-soudanais estimant qu'ils s'étaient lancés dans une lutte de pouvoir personnelle conduisant leur propre peuple au bord de la catastrophe.

Vendredi, M. Dieng a également fait un exposé devant le Conseil sur la visite effectuée au Soudan du Sud en début de semaine.

« La violence aujourd’hui au Soudan du Sud n’est pas motivée par le désir de changer le pays, mais plutôt par des intérêts personnels liés à l’accès à la richesse pétrolière et aux ressources de développement », a déclaré M. Dieng.

« La communauté internationale ne doit pas être complice de cela », a-t-il ajouté.


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