Etats-Unis : l'ONU dénonce la souffrance infligée à un condamné lors de son exécution

Photo ONU/Martine Perret

2 mai 2014 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a condamné vendredi l'exécution de Clayton Lockett dans l'État de l'Oklahoma aux États-Unis mardi 29 avril, en affirmant que la souffrance infligée au condamné pourrait constituer un traitement cruel, inhumain et dégradant selon le droit international.

« Cela est également une violation du 8ème amendement de la Constitution américaine qui proscrit les châtiments 'cruels et inhabituels' », a rappelé le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'une conférence de presse à Genève.

« Nous avons pris note du fait que l'exécution d'un deuxième condamné qui était programmé plus tard mardi a été reportée par le gouverneur de l'État, qui a ordonné un examen des procédures et protocoles en vigueur pour les exécutions », a-t-il ajouté.

La mort lente de Clayton Lockett est le deuxième cas de souffrance extrême infligée à un condamné à cause de problèmes avec les injections létales en 2014 aux États-Unis. En janvier 2014, le condamné Dennis McGuire avait subi un sort similaire dans l'État de l'Ohio lorsqu'un mélange de substances avait été injecté, apparemment sans avoir été testé au préalable.

Le Comité des droits de l'homme de l'ONU et le Comité contre la torture ont appelé les autorités américaines à revoir leurs méthodes d'exécution afin d'éviter des souffrances et des douleurs sévères. Plus récemment, en mars 2014, le Comité des droits de l'homme avait recommandé aux États-Unis d'assurer que les substances létales utilisées pour les exécutions proviennent de sources légales, régulées et approuvées par l'administration fédérale pour les aliments et les médicaments (US Food and Drug Administration).

« La cruauté apparente de ces récentes exécutions renforce l'argument que les autorités américaines devraient imposer un moratoire sur le peine de mort immédiatement et avancer vers l'abolition de cette pratique cruelle et inhumaine », a déclaré le porte-parole.

Trente-deux des 50 États des Etats-Unis maintiennent la peine de mort dans leur code pénal. 18 États ont déjà aboli la peine de mort, dont l'État du Maryland en 2013 et celui du Connecticut en 2012.

« L'ONU s'oppose à l'usage de la peine de mort en toutes circonstances », a rappelé M. Colville.


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