Ethiopie : Navi Pillay condamne la répression contre les journalistes

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay. Photo: ONU

2 mai 2014 – La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exprimé vendredi sa préoccupation concernant les restrictions croissantes imposées à la liberté d'opinion et d'expression en Éthiopie, à la suite de la récente arrestation et détention de six blogueurs et de trois journalistes.

« Je suis profondément préoccupée par cette récente vague d'arrestations et par l'intensification du climat d'intimidation qui prévaut en Ethiopie contre les journalistes et les blogueurs », a déclaré Mme Pillay dans un communiqué de presse.

Les 25 et 26 avril, six membres du collectif de blogueurs Zone Neuf et trois journalistes ont été arrêtés par la police à Addis-Abeba. Ils ont ensuite été emmenés à un poste de la police fédérale à Maekelawi, où ils sont depuis en détention.

Le 27 avril, ils ont comparu devant la Cour Arada de première instance à Addis-Abeba. Bien que les charges exactes retenues contre chacun d'entre eux restent floues, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a reçu des informations indiquant qu'ils ont été arrêtés pour « avoir travaillé avec des organisations étrangères de défense des droits de l'homme et pour avoir incité à la violence via les médias sociaux afin de l'instabilité dans le pays. »

Les neuf détenus sont détenus au secret et des membres de leurs familles qui tentaient de leur apporter de la nourriture au cours du week-end n'ont pas été autorisés à le faire.

Depuis janvier 2012, plusieurs journalistes ont été condamnés en vertu de la loi contre le terrorisme à des peines allant de 5 ans à la prison à vie. Deux journalistes arrêtés en juillet 2012 et janvier 2013 en vertu de la même loi sont actuellement en détention, dans l'attente de leur procès.

« La lutte contre le terrorisme ne peut pas servir d'excuse pour intimider et réduire au silence les journalistes, blogueurs, militants des droits de l'homme et membres d'organisations de la société civile. Travailler avec les organisations étrangères de défense des droits de l'homme ne peut pas être considéré comme un crime. Au cours des dernières années, l'espace pour les voix dissidentes s'est rétréci considérablement en Ethiopie », a déclaré la Haut-Commissaire.

« Dans ses efforts pour lutter contre le terrorisme, le gouvernement éthiopien doit respecter en tout temps ses obligations en matière de droits de l'homme en vertu du droit international », a déclaré Mme Pillay. L'Éthiopie est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à la Charte africaine des droits humains et des peuples, qui garantissent tous les deux le droit à la liberté d'expression.

La Haut-Commissaire a exhorté le gouvernement éthiopien à libérer tous les blogueurs et journalistes actuellement en détention pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression. Elle a également réitéré son appel pour une révision de la législation anti-terroriste afin d'assurer sa conformité avec les normes internationales des droits de l'homme.


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