L'ONU estime que le secteur de la sécurité doit être bien encadré pour remplir sa mission

Le Secrétaire général Ban Ki-moon (à gauche) devant le Conseil de sécurité. Photo ONU/Evan Schneider

28 avril 2014 – Lors d'un débat lundi au Conseil de sécurité sur la réforme du secteur de la sécurité, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rappelé que le secteur de la sécurité est au coeur du contrat entre l'État et les citoyens et que l'usage légitime de la force est inséparablement lié à la responsabilité de protéger et de respecter les droits de l'homme.

« Un secteur de la sécurité responsable et professionnel dans le cadre de l'état de droit peut contribuer à renforcer la confiance publique à l'égard de l'État et apporter la stabilité nécessaire pour la consolidation de la paix et le développement », a expliqué M. Ban.

« Cependant, si les institutions ne sont pas à la hauteur par manque de formation ou de gouvernance et de mécanismes de contrôle, elles risquent de ne pas pouvoir apporter la sécurité et au contraire de violer les droits des personnes qu'elles sont censées protéger. Nous avons également vu des exemples d'institutions sécuritaires qui ont été utilisées à tort pour favoriser des intérêts politiques ou sectaires, avec des effets déstabilisants », a-t-il ajouté.

Le chef de l'ONU a notamment nommé l'exemple de la situation actuelle en République centrafricaine pour illustrer les conséquences terribles de la désintégration des institutions sécuritaires et la nécessité d'assurer l'autorité de l'État pour garantir de la sécurité des citoyens et l'état de droit.

« La réforme du secteur de la sécurité est un élément central du maintien de la paix, de la consolidation de la paix et du développement », a souligné M. Ban en énumérant quatre priorités.

Premièrement, il faut reconnaître les liens qui existent entre les réformes du secteur de la sécurité et les réformes des secteurs judiciaires et institutionnels et des processus de dialogue politique et de réconciliation nationale.

Ensuite, les pays hôtes des missions de l'ONU doivent redoubler d'effort pour répondre aux besoins sécuritaires immédiats puisque les processus de réforme sont souvent longs.

L'ensemble des parties prenantes doivent soutenir une approche sectorielle qui répond aux impératifs stratégiques et s'inscrit dans le cadre de la gouvernance qui régit les institutions sécuritaires.

Finalement, il faut que les capacités opérationnelles de l'ONU soient en phase avec les autres domaines clé du travail de l'organisation, telle que la promotion des droits de l'homme et de l'état de droit, et que les ressources déployées sur le terrain soient flexibles pour répondre à chaque situation.

« La rencontre avec un officier en uniforme doit évoquer des sentiments de sécurité, de discipline et d'ordre », a affirmé M. Ban. « Notre objectif commun est d'aider les États à construire des institutions sécuritaires qui soient ancrées dans une culture de service, plutôt que des forces qui usent de leur pouvoir de façon irresponsable et incontrôlée ».

A l’issue de cette réunion, le Conseil de sécurité a adopté une résolution dans laquelle il a décidé notamment de continuer le rôle du Secrétariat de l’ONU dans la réforme du secteur de la sécurité.


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