Darfour : le regain de violence exige une réponse réadaptée, selon l'ONU

Une femme dans un camp de déplacés près de Nyala, au Sud-Darfour. Photo ONU/Albert Gonzalez Farran

24 avril 2014 – Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a proposé jeudi devant le Conseil de sécurité une réponse réadaptée des Nations Unies au Darfour, affecté par un regain de violence et de déplacements massifs de population ayant entraîné une aggravation de la crise humanitaire.

« Une fois de plus, le Darfour se trouve à la croisée des chemins. Depuis le début de cette année 2014, de nouvelles dynamiques sont apparues avec un impact considérable sur la population », a noté M. Ladsous, qui présentait le rapport du Secrétaire général sur l'Opération Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD). « Cette situation devrait, par conséquent, nous conduire à réadapter notre réponse ».

« En particulier, la coopération à différents niveaux, d'abord entre l'Union africaine et les Nations Unies, ensuite entre la MINUAD et le Gouvernement du Soudan et, enfin, entre la MINUAD et l'équipe de pays des Nations Unies, doit être intensifiée pour soutenir les activités de la Mission », a expliqué le Secrétaire général adjoint.

Dans son rapport, Ban Ki-moon présente un état actualisé et une analyse du conflit et de la situation politique et opérationnelle au Darfour, ainsi que les résultats obtenus par la MINUAD et les mesures qu'elle a prises pour atteindre ses priorités stratégiques.

Pour M. Ladsous, « au Darfour, plus qu'ailleurs, les efforts de médiation doivent bénéficier de tout le soutien politique nécessaire et l'implication des acteurs majeurs doit être cohérente et constante en vue d'un dialogue constructif menant à une paix durable ».

« À cet égard, l'appui politique du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi que de celui du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine aux efforts en cours du Médiateur en chef conjoint en vue de convaincre les parties en présence d'entamer des négociations directes, et les mouvements rebelles à rejoindre le processus de paix, est d'une importance capitale », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général adjoint constate qu'« après une période d'accalmie relative, le Darfour connaît actuellement un regain de violence », la situation étant « marquée par des déplacements massifs de populations ». « Elle est aussi caractérisée par des discordes apparentes parmi les alliés locaux du pouvoir soudanais, exacerbées par leurs rivalités politiques croissantes », poursuit-il, en évoquant également « le contexte économique très difficile de la région ».

Dans son exposé, M. Ladsous a souligné que cette violence avait entraîné une « détérioration de la situation humanitaire au Darfour ». « Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) estime à plus de 370.000 le nombre des personnes déplacées depuis le mois de janvier, parmi lesquelles plus de 260.000 n'ont toujours pas pu, jusqu'à présent, regagner leur foyer », a-t-il dit.

Au total, selon les estimations de l'OCHA, le Darfour compte actuellement plus de 2 millions de personnes déplacées. « Comme le souligne le rapport du Secrétaire général, si la plupart des personnes nouvellement déplacées ont pu recevoir au moins une forme d'assistance, les restrictions de mouvement imposées par les belligérants n'ont pas permis à l'aide humanitaire de leur parvenir rapidement et en quantité suffisante », a-t-il affirmé. De même, « ces restrictions de mouvement n'ont également pas permis à la MINUAD de s'acquitter comme nous l'aurions souhaité de son mandat de protection des civils face à l'insécurité croissante ».

En ce qui concerne les priorités stratégiques de la Mission, M. Ladsous s'est félicité de la proposition faite par le Médiateur en chef conjoint de développer, en collaboration avec l'Union africaine, un cadre commun pour les négociations politiques.

Par ailleurs, dans le cadre de la mise en œuvre de l'examen stratégique, la Mission et le Département des opérations de maintien de la paix ont procédé à une analyse approfondie des tâches de la composante police qui a permis de restructurer son commandement et son dispositif de contrôle et de réduire l'effectif actuel de 723 policiers, de quatre membres d'unités de police constituées et de quatre postes d'administrateur (police).


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