FAO : les multinationales de la banane ne contrôlent plus qu'un tiers du marché

Un marchand de bananes à Rio de Janeiro, au Brésil. Photo FAO/Giuseppe Bizzarri

24 avril 2014 – Même si les multinationales gardent un rôle significatif dans le commerce mondial de la banane, leur part dans la production a chuté considérablement durant les trois dernières décennies, ce qui ouvre la porte à de nouveaux débouchés pour d'autres sociétés, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

L'étude de la FAO, qui est basée sur l'analyse de données et d'informations recueillies grâce aux rapports annuels des trois plus grandes sociétés (Chiquita, Dole et Del Monte), montre que leur part de marché combinée était à son plus haut niveau dans les années 1980, lorsqu'elles contrôlaient près des deux tiers (65,3%) des exportations mondiales de bananes, alors qu'en 2013, cette part est tombée à un peu plus d'un tiers (36,6%).

En 2013, la part du marché des cinq premières entreprises était de 44,4%, par rapport à 70% en 2002.

« La concurrence est acharnée entre les pays producteurs de bananes; nombre d'entre eux se sont battus pour rester compétitifs, mais le marché offre également de nouveaux débouchés car il n'est plus dominé par les protagonistes - et de nouveaux acheteurs font leur entrée sur le marché », explique Ekaterina Krivonos, Economiste à la Division du commerce international et des marchés à la FAO.

L'étude de la FAO montre que le champ d'action des multinationales a également subi de profonds changements, se détournant de la propriété des plantations et de la production pour s'orienter davantage vers la logistique post production, notamment les achats aux producteurs, le transport, les installations de mûrissement des fruits et la commercialisation.

De grandes chaînes de supermarchés aux Etats-Unis et en Europe sont devenues entretemps « des acteurs importants des échanges mondiaux de bananes en dominant le marché du détail dans les principaux pays consommateurs et en achetant de plus en plus auprès de plus petits grossistes ou directement aux cultivateurs ».

Cette transition des grandes marques de bananes vers les distributeurs a été facilitée par la mise en place de services de conteneurs maritimes des régions productrices aux principaux marchés de destination. En outre, la tendance est à une baisse de concentration parmi les firmes exportatrices dans les principaux pays producteurs, par exemple en Equateur.

La fragmentation croissante des marchés des bananes et l'entrée en lice de nouveaux acteurs véhiculent un message important aux producteurs.

« Afin de saisir les opportunités existantes dans un marché de plus en plus compétitif, les producteurs doivent être mieux informés et mieux préparés, notamment les petits producteurs et les coopératives ou autres organisations les représentant », a affirmé Kaison Chang, Secrétaire du Groupe intergouvernemental sur la banane et les fruits tropicaux.

« La FAO collabore avec les gouvernements et les producteurs pour les aider à assurer leur viabilité à long terme en maintenant de bonnes pratiques culturales, en prévenant et en luttant contre les maladies des plantes, en renforçant les organisations de producteurs et en développant des stratégies de commercialisation à la fois nationales et internationales », a ajouté M. Chang. « Dans cette structure de marché en pleine évolution, il est vital que les petits exploitants, ainsi que les organisations de producteurs, reçoivent une aide dans tous ces domaines, afin d'être pleinement intégrés dans leurs économies nationales et de renforcer la résilience des familles d'agriculteurs du secteur bananier ».


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