Centrafrique : une experte de l'ONU appelle à promouvoir la réconciliation au-delà de Bangui

Un enfant centrafricain. Photo PAM/Rein Skullerud

23 avril 2014 – L'Experte indépendante des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en République centrafricaine, Marie-Thérèse Keita-Bocoum, a exhorté mercredi les autorités centrafricaines à multiplier les contacts avec les populations en dehors de la capitale Bangui afin d'encourager la réconciliation intercommunautaire dans l'ensemble du pays.

Cette recommandation intervient au terme de sa deuxième visite en République centrafricaine. Cette visite avait pour objectif d'évaluer la situation des droits de l'homme, tout particulièrement à l'intérieur du pays, et de s'enquérir des initiatives locales en faveur de la sécurité, de la paix et de la réconciliation.

Lors de cette visite, l'Experte indépendante a pu recueillir des témoignages et des informations auprès de la population, de la société civile, ainsi qu'auprès des autorités politiques, nationales, locales et religieuses.

« Les violations des droits de l'homme continuent en République centrafricaine, même si on en dénombre moins. La menace que représentent les anti-Balaka et les ex-Seleka continue de peser tant sur la capitale que sur le reste du territoire national », a observé l'Experte indépendante.

« Malgré les efforts déployés par les forces internationales, le sentiment de l'insécurité par les populations en particulier la communauté musulmane est tel que certaines partent ou demandent à partir, ce qui rend plus qu'urgent le renforcement des mesures de sécurité », a-t-elle poursuivi.

Même si on note un progrès dans le respect du droit à l'éducation avec la réouverture des écoles dans certaines localités, la situation économique qui continue de se dégrader est de nature non seulement à freiner ce progrès, mais aussi et surtout à altérer considérablement la jouissance des autres droits économiques et sociaux.

Mme Keita-Bocoum a, toutefois, relevé l'existence d'initiatives de réconciliation et de poches de cohésion sociales fonctionnant avec très peu de moyens, tant à Bangui que dans l'arrière-pays. Elle a également salué la volonté affichée par les autorités de la Transition de lutter contre l'impunité et d'assurer la présence de l'administration et de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national.

L'Experte indépendante a cependant fait valoir qu'« en l'absence de sécurité pour les magistrats, d'infrastructures adéquates et de sécurisation des lieux d'audience et de détention, il serait difficile de lutter effectivement contre l'impunité ». Elle appelle le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires au déploiement des administrateurs locaux (préfets et sous-préfets) pour contribuer à rétablir l'autorité de l'Etat à l'intérieur du pays.

Au cours de sa visite, l'Experte indépendante s'est entretenue avec plusieurs membres du gouvernement de transition, ainsi qu'avec des membres du corps diplomatique et des représentants du système de l'ONU.


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