Soudan du Sud : Ban Ki-moon condamne une attaque contre un site de l'ONU à Bor

Le site de la MINUSS à Bor, dans l’Etat de Jonglei, au Soudan du Sud (janvier 2014). Photo MINUSS/Tina Turyagyenda

17 avril 2014 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a condamné jeudi une attaque contre des civils et des Casques bleus sur le site de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) à Bor, la capitale de l'Etat de Jonglei.

« Cette attaque contre un site où des civils sont protégés par les Nations Unies est une grave escalade », a dit le porte-parole du Secrétaire général dans une déclaration à la presse.

« Le Secrétaire général rappelle à toutes les parties que toute attaque contre les casques bleus des Nations Unies est inacceptable et constitue un crime de guerre », a ajouté le porte-parole. « Le Secrétaire général présente ses condoléances aux familles endeuillées et promet tout le soutien possible à ceux qui ont été blessés dans l'attaque. ».

« Le Secrétaire général appelle le gouvernement du Soudan du Sud à prendre immédiatement des mesures pour garantir la sécurité de tous les sites de la MINUSS protégeant des civils au Soudan du Sud. Il appelle aussi toutes les parties à éviter toute action ou toute déclaration qui pourraient entraîner une escalade supplémentaire de la situation. ».

La MINUSS a également condamné cette attaque contre son site à Bor qui abrite près de 5000 civils déplacés. Un nombre encore inconnu de personnes ont été tuées et blessées lors de l'attaque par une foule de civils armés, a dit la Mission.

« L'attaque a eu lieu malgré les tirs de sommation des Casques bleus. La bande de personnes armées a forcé le passage et a ouvert le feu sur les personnes déplacées à l'intérieur de la base. Les Casques bleus ont riposté et la bande a battu en retraite », a expliqué la MINUSS, en ajoutant que les civils blessés dans l'attaque reçoivent actuellement des soins et que deux Casques bleus ont également été blessés lors de l'échange de tirs.

La mission onusienne a appelé les personnes déplacées dans leurs bases à rester calme, à faire preuve de retenue et à respecter les règles qui s'appliquent à la protection des civils dans les bases de l'ONU.

« La mission réaffirme sa détermination à faire usage de tous les moyens pour protéger les civils menacés de violence, les membres du personnel de l'ONU et pour sa propre défense, conformément à son mandat », a affirmé la MINUSS.

Dans un communiqué séparé, la MINUSS a exprimé jeudi sa préoccupation concernant le regain de violence dans l'État de l'Unity où des combats ont éclaté lundi 14 avril et une attaque contre sa base à Bor, dans l'Etat de Jonglei.

Dans un communiqué de presse, la MINUSS a condamné les hostilités dans l'Unity qui sont une violation de l'accord de cessez-le-feu signé en janvier par les parties prenantes à Addis Abeba, en Éthiopie.

« Les combats ont commencé tôt lundi matin dans plusieurs localités à l'ouest et nord-ouest de la capitale l'État de l'Unity, Bentiu. Mardi, les forces du Mouvement/armée populaire de libération du Soudan (SPLM/A) avaient pris la ville de Bentiu et la localité voisine de Rubkona », a expliqué la MINUSS dans un communiqué de presse.

« Le nombre de personnes ayant trouvé refuge dans la base de la MINUSS se trouvant dans la ville a atteint plus de 12.000 à cause des combats », a ajouté la mission onusienne.

Des Casques bleus de la mission qui ont effectué une patrouille dans la ville de Bentiu mardi matin ont vu des milliers de personnes déplacées qui s'étaient rassemblées autour de l'hôpital de la ville et du bureau du Programme alimentaire mondial (PAM). Un certain nombre de ces civils sont entrés dans la base de la MINUSS après la tombée de la nuit mardi soir. Les Casques bleus ont affirmé avoir vu entre 35 et 40 cadavres le long de la route, dont la plupart portaient des treillis militaires. Mercredi, les Casques bleus ont organisé une escorte pour permettre aux civils de rejoindre le site de protection de la MINUSS.

« Au cours des combats mardi, des balles d'armes légères ont atteint des tentes et des conteneurs à l'intérieur de la base de la MINUSS. Un homme parmi les personnes déplacées a été touché et se trouve dans un état critique. Il reçoit des soins dans la base », a indiqué la mission.

Le bataillon mongol de la MINUSS a extrait lundi dix employés d'une compagnie de raffinerie de pétrole des champs pétroliers de l'Unity, et les a ramenés en sécurité dans la base. Cinq d'entre eux ont été blessés et ont été soignés dans la base en attendant la réouverture de l'aérodrome de Rubkona.

« La MINUSS rappelle son rôle impartial dans la crise actuelle et son engagement à protéger l'ensemble des civils non armés qui sont en danger, quelles que soient leur appartenance ethnique, leur allégeance politique ou leurs croyances religieuses », a souligné la mission.

« La poursuite des combats exacerbera une situation déjà très difficile pour la population civile. Il est nécessaire que les parties prenantes respectent pleinement l'accord de cessez-le-feu qu'ils ont signé sous l'égide de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) », a-t-elle ajouté.

Le Coordonnateur humanitaire pour le Soudan du Sud, Toby Lanzer, a également condamné jeudi, la violence à Bentiu et Bor.

« Je suis attristé et frustré par la violence qui a ravagé Bentiu et Bor au cours des dernières 72 heures. Il n'y a pas d'excuse pour des attaques directes contre des civils, ou contre ceux risquant leurs propres vies pour les protéger », a dit M. Lanzer dans une déclaration à la presse.

« J'appelle les parties au conflit à cesser immédiatement les hostilités et à rependre des négociations pour trouver une solution politique à leurs différends. Et j'appelle à la sagesse et à la compassion de tous les Sud-Soudanais, de toutes les communautés constituant ce pays, pour qu'ils fassent tout leur possible pour mettre fin aux combats », a-t-il ajouté.


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