Centrafrique : les agences des Nations Unies lancent un appel aux donateurs

Des résidents de Bangui en République centrafricaine. Photo ONU/Samir Afridi

16 avril 2014 – Alors que l'instabilité et la violence continuent de sévir en République centrafricaine, plusieurs agences des Nations Unies et des ONG partenaires ont demandé mercredi aux bailleurs de fonds de financer des opérations d'aide d'urgence destinées aux civils qui fuient le pays depuis décembre 2013.

La communauté humanitaire estime que les personnes ayant fui la République centrafricaine pourrait être 362.200 à la fin 2014. C'est pour cette raison qu'elle recherche la somme de 274 millions de dollars dans le cadre d'un plan régional d'aide.

Près de 200.000 personnes ont fui la violence en RCA ces quatre derniers mois, luttent désormais pour recommencer leur vie au Cameroun, au Tchad, en République démocratique du Congo et en République du Congo. Outre des Centrafricains, les rapatriés et les ressortissants de pays tiers se comptent par milliers avec, parmi eux, des Camerounais, des Tchadiens et des Congolais qui vivaient en République centrafricaine depuis des générations avant que la crise actuelle ne les ait forcés à retourner dans des pays où ils n'ont plus aucune attache, ce qui les rend vulnérables.

« Toutes les agences travaillant dans la région sont dramatiquement sous-financées », a déclaré Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres lors de la présentation du Plan régional d'aide à Genève. « Le HCR dépense déjà trois fois plus d'argent que le montant reçu ou promis pour cette opération d'urgence et c'est toujours largement insuffisant pour répondre aux vastes besoins de cette population. Cela ne peut pas durer. »

Des financements sont nécessaires pour satisfaire les besoins urgents en matière d'abri, de nourriture, d'eau et d'installation d'assainissement, de soins de santé, d'éducation et de besoins essentiels.

La crise en République centrafricaine a commencé en décembre 2012 lorsque les rebelles seleka ont lancé, dans le nord du pays, un soulèvement qui a mené à la chute du régime en mars 2013. Les combattants seleka, pour la plupart des musulmans, se sont opposés à de jeunes chrétiens regroupés dans le mouvement anti-balaka, qui vise désormais les communautés musulmanes dans la capitale Bangui et dans l'ouest du pays.

La violence intercommunautaire a eu un effet dévastateur sur les civils des deux communautés, avec plus de 600.000 personnes qui sont toujours déplacées à l'intérieur de la République centrafricaine. Ce sont principalement des femmes et des enfants ayant fui les atrocités en République centrafricaine qui arrivent dans les pays voisins.

Outre des ONG, les agences des Nations Unies participant à ce plan régional sont : le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS).


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